Sommet Asie-Europe : La crise de la dette plane au Laos

Sommet Asie-Europe : La crise de la dette plane au Laos

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«Il y a un doute en Asie sur la capacité de l’Europe à être une zone de stabilité et de croissance», a ainsi reconnu le président français François Hollande, qui effectue son premier voyage en Asie depuis son élection en juin pour démontrer «que l’Europe est encore une puissance économique». «Nous avons fait des choix pour la stabilité et la croissance et (…) nous allons mettre en place l’Union bancaire. Ca peut rassurer les investisseurs asiatiques, les faire revenir sur les marchés européens», a-t-il ajouté.

La forte délégation européenne a, pour objectif, de démontrer puissance et unité dans une période trouble, et un contexte d’interdépendance croissante des deux blocs dans l’économie mondiale. «Nous pensons que l’Asie devient chaque jour plus importante en terme de développement économique», a relevé le chef de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso. «Nous voulons discuter des opportunités d’investissements et de commerce, mais aussi des défis de la stabilité et de la sécurité dans la région».

Le président de l’UE, Herman van Rompuy et le Premier ministre italien, Mario Monti ont eux aussi fait le déplacement à Vientiane pour ce sommet qui se tient tous les deux ans depuis 1996. Berlin et Londres ont en revanche envoyé leurs ministres des Affaires étrangères.

«Les dirigeants européens se tournent vers les économies d’Asie en forte croissance pour un sauvetage économique», relève Rajiv Biswas, de la société IHS Global Insight. «Même si les capitaux asiatiques ne peuvent venir au secours de l’actuelle crise de la dette souveraine de l’UE, les flux de capitaux à long terme pourraient devenir une source de financement de plus en plus importante et stable».

De fait, la Chine a, régulièrement, acheté ces derniers mois des obligations émises par les Etats de la zone euro et le fonds de secours FESF, tout en s’intéressant de près au futur fonds de sauvetage permanent de la zone euro (MES). Et l’UE regarde avec convoitise les quelque 3.000 milliards de dollars de réserves de change chinoises, les plus importantes du monde.

De son côté, l’Asie garde en tête la terrible crise asiatique de 1997-98. Elle espère se prémunir contre toute contagion et ne pas trop souffrir de la baisse des commandes européennes. L’Europe «devrait regarder vers l’Asie pour une meilleure activité économique», a suggéré le secrétaire d’Etat philippin Albert del Rosario. «Il y a là une opportunité pour les deux parties», a-t-il expliqué à l’AFP. «Une Europe plus forte est bonne pour tout le monde, le plus tôt sera le mieux», a confirmé le ministre du Commerce indonésien Gita Wirjawan.

L’Asie, longtemps considérée comme un îlot de croissance forte face aux machines américaine et européennes en difficulté, montre des signes de ralentissement. Le FMI pronostique une croissance de 6,7% cette année et 7,2% en 2013, contre respectivement 7,1% et 7,5% espéré au début de l’été.

«L’Asie a un intérêt très fort à voir la crise européenne se stabiliser», constate Rajiv Biswas. «Si la crise de l’eurozone devait connaître une nouvelle escalade, l’onde de choc aurait un impact plus négatif encore sur les exportations asiatiques, avec un potentiel de troubles significatifs sur les marchés financiers mondiaux».

AFP_____________

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