Sommet franco-britannique : contrats commerciaux contre le désamour

Sommet franco-britannique : contrats commerciaux contre le désamour

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Exit en effet les bisbilles du passé, notamment les différends sur une zone euro en pleine tempête et les rivalités commerciales. Les deux dirigeants ont préféré de renouveler l’« entente formidable » entre leurs deux pays – la meilleure preuve : David Cameron a souhaité « bonne chance » à son ami Nicolas pour la campagne présidentielle.

C’est notamment dans le domaine militaire que la France et la Grande-Bretagne affichent la volonté de doper leur coopération, depuis que l’intervention militaire en Libye a contraint leurs deux armées à se rapprocher. Fers de lance de cette opération militaire qui a abouti à la chute de Mouammar Kadhafi, Nicolas Sarkozy et David Cameron veulent aujourd’hui aller plus loin.

Déjà en novembre 2010, les deux premières puissances militaires d’Europe avaient scellé un pacte « sans précédent et sans équivalent », avec notamment un corps commun s’inspirant de la brigade franco-allemande et des partenariats industriels pour la fabrication de drone et de missiles. Ce traité de défense de « Lancaster House » commence aujourd’hui à porter ses fruits. David Cameron et Nicolas Sarkozy ont annoncé un « partenariat stratégique à long terme », c’est-à-dire à l’horizon 2030, sur les drones, ces avions de combat sans pilote. Dès 2013, les travaux pour un prototype seront confiés au groupe britannique BAE Systems et au constructeur français Dassault Aviation. Nicolas Sarkozy s’est toutefois dépêché de dire que ce projet était ouvert à d’autres partenaires européens, mais à condition qu’ils adoptent le même rythme que Paris et Londres. Un missile antinavire est également à l’étude, tout comme une nouvelle génération de satellites de communication militaire. Par ailleurs, les deux armées comptent organiser des manœuvres militaires conjointes en Méditerranée dès cette année.

Areva et EDF se frottent les mains

Un autre domaine où les partenaires souhaitent renforcer leur coopération est le nucléaire civil. Les groupes publics français Areva et EDF peuvent se frotter les mains : ils devraient pouvoir construire jusqu’à quatre réacteurs nucléaires civils de nouvelle génération EPR au Royaume-Uni. Toute une série de contrats ont été signés à Paris dans le secteur du nucléaire entre des entreprises britanniques et françaises – portant sur une valeur totale de plus de 600 millions d’euros, selon Downing Street.

Cette fructueuse entente est presque une surprise, puisque les relations entre les deux pays ont été tendues ces derniers mois. En décembre dernier, en pleine tempête de l’euro, Nicolas Sarkozy avait vigoureusement rejeté la demande de David Cameron d’être associé aux décisions sur le sauvetage de la zone euro, dont le Royaume-Uni ne fait pas partie. Le refus de Londres de participer au traité européen pour une meilleure discipline budgétaire n’avait rien arrangé.

« Réduire les différences »

Une autre pomme de discorde a ensuite alourdit le climat déjà bien lourd : l’opposition de Downing Street à une taxe sur les transactions financières, jugée comme « une folie » par David Cameron et défendue bec et ongles par Nicolas Sarkozy. A ces dossiers politico-économiques se rajoute un différend commercial : en Inde, la France et la Grande-Bretagne se sont livrées une féroce bataille pour emporter « le marché du siècle » sur la vente de 126 avions de combat, une bataille finalement remportée par le Rafale du producteur français Dassault.

Lors du sommet, le pragmatisme a toutefois pris le pas sur les divergences politiques : « Nous sommes en train de mettre en place avec David Cameron des méthodes de travail qui vont permettre de réduire les différences », a dit Nicolas Sarkozy, « pour faire en sorte que nous regardions l’avenir, avec nos spécificités, dans la même direction ».

 

rfi.fr_______________

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