Suicide des jeunes : Tout est question d’écoute

Suicide des jeunes : Tout est question d’écoute

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Mettre fin à sa souffrance et non mettre fin à sa vie, c’est ce que ressent un jeune qui pense au suicide. Il est donc essentiel de détecter cette souffrance avant qu’il ne soit trop tard. Afin d’aborder ce sujet qui concerne parents, enfants, adolescents, éducateurs, décideurs…, l’association «Sourire de Reda» a organisé ,jeudi dernier à Casablanca, une conférence-débat sur le thème : « Mal-être des jeunes, comment éviter le passage à l’acte ?».

Najat Maalla M’jid, pédiatre et rapporteur spécial auprès des Nations unies sur «la vente des enfants, la prostitution enfantine et la pornographie mettant en scène des enfants», a souligné lors de cette rencontre la gravité du problème et l’obligation d’agir rapidement afin d’éviter le drame. «Il faut savoir que le suicide et la deuxième cause de mortalité chez les jeunes âgés de 10 à 24 ans dans le monde, soit 150.000 cas chaque année. C’est en même temps compréhensible quand on pense aux nombres de changements, de responsabilités, de paradoxes, de pressions, de contraintes, de questionnements… qui marquent cette période», indique-t-elle. «Aussi, c’est la période des grandes amitiés et de la découverte de l’amour. Les jeunes peuvent être déçus, trompés, se sentir trahis… c’est donc une période très délicate qui suscite beaucoup d’attention de la part des parents, éducateurs et autres personnes afin de prévenir le passage à l’acte. Celui-ci peut se manifester de plusieurs façons à savoir sombrer dans la solitude et la dépression, addiction à la drogue, la prostitution… ou mettre fin à ses jours», poursuit-elle. Brian Mishara, professeur au département de Psychologie et directeur du Centre de recherche et d’intervention sur le suicide et l’euthanasie à l’Université du Québec à Montréal, également présent lors de cette conférence, a affirmé que penser au suicide est humain et qu’il faut juste réagir à temps pour éviter une tragédie.

«Partout dans le monde, il n’y a pas eu une époque où personne ne s’est suicidé. Penser à mettre un terme à sa vie est humain. Ceux qui n’y ont jamais pensé représentent une minorité. Les personnes qui passent à l’acte sont des personnes qui souffrent énormément et qui ressentent une douleur psychique insupportable et pour elles le suicide est la solution », a-t-fait savoir. De son côté, Meryeme Bouzidi Laraki, présidente de l’association «Sourire de Reda» a insisté sur l’importance de la détection de la souffrance des jeunes.
«Pas besoin d’être spécialiste pour changer la vie d’un jeune souffrant de détresse. Un jeune qui dit en avoir marre de vivre doit être rapidement entendu. Entendu par le cœur, la bienveillance, le respect et non le jugement. Dans ce cadre, nous avons créé depuis exactement un an « Stop silence », indique-t-elle. « Stop silence », mis en place depuis le 5 février 2011, est le premier espace d’écoute anonyme au Maroc réservé exclusivement aux jeunes. Il est opérationnel deux soirées par semaine et fonctionne sur le principe du «tchat» avec des écoutants en ligne, anonymes et spécialement formés. «Nous avons choisi la qualité en ne programmant que deux créneaux horaires par semaine.

De cette façon, nous consacrons à chaque jeune qui s’adresse à nous le temps nécessaire pour bien l’écouter et comprendre son problème et essayer de trouver la bonne solution. Côté chiffres, en une année, 1.375 personnes ont visité le site, 700 sont rentrés pour avoir plus de détails et 350 d’entre eux nous ont fait confiance et dévoilé leurs problèmes. Certes, nous sommes tombés sur des cas dramatiques comme des cas d’addiction à la drogue, de mutilation, de violence… mais la grande majorité des cas concernent des problèmes habituels de la jeunesse tels que les chagrins d’amour, les déceptions à cause des amis, les harcèlements à l’école, les questions sur la sexualité, etc.», souligne Bouzidi Laraki. Rappelons que l’association « Sourire de Reda » a été créée en 2009 au lendemain de la disparition de Reda, qui mit fin à ses jours à l’âge de 13 ans et demi. Le suicide de ce dernier a eu pour conséquences de révéler l’existence chez les jeunes de souffrances silencieuses et insoupçonnées pouvant s’exprimer de façon tragique par la violence envers eux-mêmes ou envers les autres.
C’est dans ce contexte que l’association a vu le jour en ayant pour mission de venir en aide aux jeunes en souffrance, contribuant ainsi à la prévention du phénomène suicidaire.

Concours
Dimanche 5 février à 17h30, «Sourire de Reda » prolonge cet événement en organisant, à la Sqala à Casablanca, une «Exposition-Projection» pendant laquelle se fera la remise des prix du Concours de création de vidéos et d’affiches, co-organisé avec l’association «ExtraMuros» autour du thème «Brisons les tabous, Stop au suicide chez les jeunes». L’objectif proposé aux jeunes créatifs est d’exprimer la souffrance comme partie prenante de la vie, un sentiment dont on ne doit avoir ni peur, ni honte, qui se doit d’être partagé pour ne pas entraîner vers l’isolement. La remise des prix aura lieu en présence du jury constitué de professionnels de la communication et de l’image parmi lesquels les cinéastes marocains Zakia Tahiri et Noureddine Lakhmari. Le concept de ce double concours est simple. Il s’agit de réaliser une vidéo de une à trois minutes ou une affiche de 30×42 cm traitant la prévention du suicide chez les jeunes. Les caractéristiques des productions (affiches et vidéos) précisent: «Pas d’images violentes, on doit y percevoir la main tendue de celui qui est là pour écouter, aider : un parent, un ami ou «Sourire de Reda »…».

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