Sureffectifs à l’Université Ibn Zohr: la mise à niveau continue malgré l’ampleur...

Sureffectifs à l’Université Ibn Zohr: la mise à niveau continue malgré l’ampleur des défis

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Par Omar ACHY

Le tout nouveau président de l’Université, M. Omar Halli, reconnait que l’enjeu est de taille tellement le déficit est important. Il affiche néanmoins une forte détermination à tirer profit au maximum des possibilités de modernisation et de professionnalisation offertes aujourd’hui, selon lui, grâce notamment au « Plan d’urgence » pour la réforme universitaire.

L’engagement des pouvoirs publics pour améliorer la qualité de l’enseignement supérieur conjugué à la mobilisation des enseignants et du corps administratif, ainsi que l’adhésion des partenaires locaux de l’Université ouvrent bien des perspectives pour l’émergence d’un pôle universitaire digne du potentiel et des aspirations de la moitié sud du Royaume, relève-t-il dans un entretien à la MAP.

« L’Université Ibn Zohr est par excellence l’institution universitaire des régions sud du Royaume et son rôle premier, depuis sa création en 1989, consiste à répondre à la demande croissante en terme d’enseignement supérieur au niveau de ces régions », rappelle-t-il.

En aucun cas, insiste M. Halli, l’étendue géographique de l’Université « ne doit être considérée comme une entrave à sa mise à niveau et encore moins au rôle qui lui revient dans la dynamique de développement ».

Implantée à Agadir depuis presque un quart de siècle, l’Université Ibn Zohr répond aux besoins croissant en matière d’enseignement supérieur de bacheliers provenant des 17 provinces du sud du Maroc relevant de 4 régions: Souss-Massa-Drâa, Guelmim-Es-Smara, Laâyoune-Boujdour-Sakia-El Hamra et Oued Eddahab-Lagouira.

+Faible taux d’encadrement des étudiants+

Depuis quelques années, cette institution a enclenché un processus d’expansion progressive en vue de parer au phénomène de congestion dont pâtissent particulièrement la faculté des sciences, la faculté des lettres et des sciences humaines, et la faculté des sciences juridiques, économiques et sociales.

Avec près de 16.000 étudiants pour un nombre réduit d’enseignants, la faculté des sciences juridiques et économiques accuse d’ailleurs l’un des taux d’encadrement les plus faibles au niveau national.

Au total, l’Université Ibn Zohr dispose de près de 700 enseignants et d’un corps administratif d’environ 400 personnes, ce qui est loin de répondre aux besoins du flux croissant des étudiants, d’autant plus que le nombre de diplômés qui quittent chaque année les bancs de l’Université reste très modeste.

Pour le président de l’Université, le processus de mise à niveau a pour ambition de favoriser davantage d’équilibre entre les différents établissements universitaires en termes d’effectifs et de hisser la qualité de l’éducation par l’extension et l’amélioration de l’offre de l’enseignement supérieur et l’orientation d’un plus grand nombre d’étudiants vers les filières scientifiques et techniques.

« L’ambition de notre Université est d’être un lieu convivial de formation, un centre pour la recherche et un outil de développement socio-économique, tenant compte à la fois des spécificités régionales et de la politique nationale en matière d’enseignement supérieur et de recherche », a-t-il indiqué.

Dans ce sens, deux facultés polydisciplinaires ont été récemment créées: la première a démarré en 2006/2007 à Ouarzazate et la seconde à été ouverte à Taroudant l’an passé. Elles offrent des formations plus étoffées et mieux adaptées au marché de l’emploi. Plusieurs licences professionnelles et masters sont ainsi disponibles dans une variété de disciplines.

M. Halli rappelle dans ce sens que le contrat d’objectifs conclus par l’Université en 2009 prévoit de tripler le nombre d’étudiants ingénieurs à l’Ecole nationale des sciences appliquées (ENSA) et de doubler ceux de l’Ecole supérieure de technologie et de l’Ecole Nationale de Commerce et de gestion.

Il n’en reconnaît pas moins que tous ces efforts demeurent insuffisants compte tenu du flux considérable des nouveaux bacheliers et de l’impératif d’améliorer constamment la qualité de la formation dans le sens de plus de professionnalisation.

Cette année, sur près de 20.000 nouveaux bacheliers du sud du Maroc, plus de 16.700 se sont inscrits à l’Université Ibn Zohr. Le processus d’inscription a été d’ailleurs lancé depuis août dernier et, pour la première fois, à distance via internet.

L’objectif est de parer à l’encombrement qui caractérise chaque début d’année.

+Une formation plus adaptée+

Un effort a été également fourni pour mieux orienter les étudiants vers des filières plus adaptées à leurs compétences et aux besoins du monde de l’emploi. Dans ce sens, l’Université a effectué 9.600 tests de positionnement linguistique.

Les étudiants originaires de régions éloignées d’Agadir ont été aussi sensibilisés à la possibilité qui leur est offerte de s’inscrire à l’Université Cadi Ayyad de Marrakech, moins affectée par le phénomène de congestion.

« Nous disposons aujourd’hui de tous les éléments sur l’état des lieux exacte au sein de l’Université. Cela nous permet de planifier nos actions et de faire face à toutes les situations qui peuvent survenir », souligne M. Halli, qui se félicite que l’année universitaire a déjà démarré le 12 septembre dans certaines filières de la faculté des sciences en partie grâce à la bonne anticipation de la rentrée universitaire.

Outre la création de nouvelles antennes, dont la dernière en date est l’Ecole supérieure de technologies à Guelmim dans l’attente prochainement de celle de Laayoune, l’Université Ibn Zohr continue de renforcer son infrastructure d’accueil.

Les travaux d’extension de la faculté des sciences juridiques et économique et de l’ENSA sont encours de même qu’un nouvel amphithéâtre à la Faculté des sciences devrait être opérationnel d’ici la fin de l’année. L’aménagement de bibliothèques et l’élargissement de l’accès à l’internet sont également engagés, rappelle M. Halli.

Reste que la pression en termes d’hébergement notamment à Agadir ne cesse de croître parallèlement à la hausse des effectifs. Une grande partie des étudiants originaires de provinces éloignées n’arrivent pas à suivre la montée des prix du loyer dans les quartiers avoisinants les facultés.

Cette année, près de 600 nouveaux lits seront ouverts à la cité universitaire, un restaurant universitaire en plus de 300 autres grâce à l’extension du foyer de l’étudiante, en partenariat avec le Conseil régional Souss-Massa-Draa.

La Fondation Chaabi a également mis à la disposition de l’Université environ 700 lits pour accueillir des étudiants, en attendant la concrétisation du projet d’une nouvelle cité universitaire de 1500 lits.

Face à ces multiples défis, l’heure est à la mobilisation des différents partenaires pour mener à bien, au plus vite, les projets d’extension et de modernisation des structures de l’Université Ibn Zohr, aujourd’hui dans le pipeline.

C’est à ce prix que cette institution peut s’acquitter de sa mission en tant qu’espace de savoir et d’épanouissement pour les étudiants et espérer rester en phase avec les mutations que connaît le monde académique et professionnel.

 

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