Syrie: 28 morts dimanche, 450 prisonniers libérés depuis l’amnistie d’Assad

Syrie: 28 morts dimanche, 450 prisonniers libérés depuis l’amnistie d’Assad

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Le président syrien Bachar al-Assad avait décrété mardi une amnistie générale concernant « tous les détenus politiques ainsi que les membres de la confrérie des Frères musulmans. »
« Depuis l’amnistie, plus de 450 prisonniers politiques et de conscience ont été libérés, pour la plupart des islamistes et des Kurdes », a indique Rami Abdel-Rahmane responsable de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.

 

Le régime a également annoncé dimanche la création d’une commission qui sera chargée d’élaborer un projet de loi sur les partis politiques, selon l’agence officielle Sana.

Le parti Baas est au pouvoir en Syrie depuis 1963. Selon la Constitution il est « le dirigeant de l’Etat et de la société ».

Le multipartisme est une revendication essentielle des opposants.

Les autorités ont déjà décidé une série de mesures pour apaiser le mouvement de contestation sans précédent contre le régime du président syrien Bachar al-Assad mais dans le même temps, la répression violente des manifestations n’a pas cessé.

Dimanche 28 personnes ont été tuées alors que des opérations militaires étaient menées dans la région de Jisr al-Choughour (nord-ouest), selon M. Abdel-Rahmane.
« Trente huit personnes ont été tuées dans des tirs dans la région de Jisr al-Choughour: 10 hier et 28 aujourd’hui », a-t-il affirmé.
« Des opérations militaires et sécuritaires y sont effectuées depuis samedi », a-t-il précisé.

Six agents des forces de sécurité figurent parmi les personnes tuées dans cette région, selon lui.
Samedi, un militant sur place avait indiqué, sous couvert de l’anonymat, que « les forces de sécurité ont tiré pour disperser plus de 1.000 manifestants sortis pour protester après les funérailles d’un civil tué vendredi ».

L’agence officielle Sana avait indiqué samedi qu' »un membre de l’armée a été tué et un policier blessé dans des heurts » à Jisr al-Choughour. « Les groupes armés ont attaqué des commissariats de police et des centres de l’armée populaire dans cette localité » et un assaillant a été tué, selon Sana.

A Hama (nord), où 60 personnes ont été tuées vendredi par les forces de sécurité, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par M. Abdel-Rahmane, les habitants ont observé une grève générale en signe de deuil.
« Tout est fermé même les supermarchés. Les forces de sécurité se sont retirées vers les abords de la ville », a indiqué un habitant de Hama, située à 210 km au nord de Damas, joint par téléphone.

Dans la soirée, une manifestation se déroulait à Hama avec près de 100.000 personnes, ont indiqué des habitants à l’AFP.

En 1982, cette ville avait été frappée par une répression ayant fait 20.000 morts lorsque le mouvement interdit des Frères musulmans s’était soulevé contre le régime de Hafez al-Assad, père de l’actuel président.
Vendredi, 65 personnes ont été tuées dans le pays au cours des manifestations, les plus importantes depuis le début mi-mars de la révolte contre le régime du président Bachar al-Assad.
En même temps que la proclamation de l’amnistie mardi le pouvoir avait esquissé un autre signe d’ouverture en annonçant sa volonté d’ouvrir un « dialogue national » avec l’opposition. En avril, l’état d’urgence en vigueur depuis des décennies, avait été levé.
A Damas, plusieurs dizaines de jeunes ont démontré leur soutien au président en défilant dimanche sur une place du centre ville scandant: « le peuple veut Bachar al-Assad » et « Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout ».
Le régime du président Bachar al-Assad est confronté à un mouvement de contestation d’une ampleur sans précédent, déclenché, le 15 mars, dans la foulée des révoltes arabes.
Selon des organisations de défense des droits de l’Homme, plus de 1.100 civils ont été tués et au moins 10.000 personnes ont été interpellées en Syrie depuis le début du mouvement de contestation.
Réunis à Bruxelles, des représentants de l’opposition syrienne en Europe ont appelé dimanche la communauté internationale à accroître la pression sur M. al-Assad, demandant dans le même temps des enquêtes indépendantes sur la sanglante répression des manifestations.
L’UE et les Etats-Unis notamment ont imposé ces dernières semaines des sanctions visant Bachar al-Assad et ses proches.
Venu à Bruxelles participer à la conférence, Badreldian Bahrou, un dentiste résidant en Arabie saoudite et qui était déjà à Antalya, se dit « sûr que Bachar al-Assad va partir. La question est de savoir quand et à quel prix ».
Le prince héritier d’Abou Dhabi, cheikh Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, a exhorté pour sa part les autorités syriennes à introduire des réformes pour assurer la stabilité de leur pays.

AFP________________________

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