Syrie: la Ligue arabe devrait prolonger sa mission, malgré les critiques

Syrie: la Ligue arabe devrait prolonger sa mission, malgré les critiques

166
0
PARTAGER

En raison de la dégradation de la sécurité dans le pays, où la répression de la révolte populaire a fait plus de 5.400 morts depuis la mi-mars, selon l’ONU, Washington a indiqué envisager de fermer son ambassade en Syrie.

Alors que la mission de la Ligue arabe est sous le feu des critiques, plus de 400 personnes étant mortes depuis son arrivée le 26 décembre, le chef des observateurs, Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, doit présenter dimanche au Caire un rapport sur la base duquel l’organisation décidera de la suite de la mission.

Selon le chef adjoint de la cellule de la Ligue arabe chargée de la mission, Ali Jaroush, « tout indique que la mission (…) sera prolongée d’un mois car le premier mois n’a pas suffi, puisqu’il a été en partie consacré aux préparatifs logistiques ».

Un autre responsable a indiqué à l’AFP sous couvert de l’anonymat que « le nombre d’observateurs serait porté à quelque 300″, soit quasiment le double du chiffre actuel.
« De nombreux pays arabes ont rejeté l’idée d’envoyer des troupes arabes en Syrie », comme l’avait proposé l’émir du Qatar Hamad Ben Khalifa Al Thani, a-t-il ajouté. Damas a également rejeté cette idée, accusant même que le Qatar « d’armer les gangs terroristes » en Syrie.

Le quotidien officiel syrien as-Saoura s’en est lui aussi de nouveau pris samedi au Qatar, lui reprochant d’avoir tenté d’utiliser à ses propres fins la mission arabe d’observation et d’être téléguidé par Washington.

L’émir du Qatar ne voulait des observateurs « que leur approbation pour mettre en oeuvre ses plans, conformément à ses engagements pris auprès de Washington », a affirmé le journal.
Après plus de dix mois de violences, plusieurs mouvements d’opposition ont réclamé une saisine de l’ONU, allant dans le sens des demandes occidentales.
Le chef du Conseil national syrien (CNS), le plus important groupe de l’opposition, Burhan Ghalioun, était présent au Caire samedi pour tenter de faire pression sur la Ligue arabe.
Il doit demander au secrétaire général de la Ligue, Nabil al-Arabi, « le transfert du dossier syrien au Conseil de sécurité », a déclaré le porte-parole du CNS, Mohammed Sermini, à l’AFP.
M. Ghalioun doit aussi exprimer les craintes du CNS que le rapport des observateurs ne reflète pas la situation réelle en Syrie, « où le régime commet un génocide et des crimes contre l’humanité », a ajouté M. Sermini.
« Le rapport devrait faire une différence claire entre la victime et le bourreau », a-t-il dit, en déplorant que le rapport, selon des « fuites », indique que les observateurs sont dans l’incapacité de déterminer qui commet les tueries.
Lors d’une rencontre au Caire, les chefs de la diplomatie tunisienne et égyptienne, Rafik Abdessalem et Mohammed Amr, ont en revanche souligné « la nécessité de résoudre la crise syrienne (…) à travers l’initiative arabe et afin d’éviter une intervention étrangère ou une internationalisation de la crise », selon un porte-parole du ministère égyptien des Affaires étrangères.

Les observateurs ont été déployés après l’accord donné par Damas à un protocole régissant leur mission, qui prévoit un arrêt des violences, le retrait des chars des villes et le déplacement libre des médias étrangers. Mais aucune de ces trois clauses n’a été respectée.

Sur le terrain, au lendemain de la mort par balles de huit civils à travers le pays, « onze prisonniers ont été tués dans l’explosion d’un engin piégé visant le camion qui les transportait » dans la région d’Idleb (nord-ouest), a déclaré par téléphone à l’AFP le président de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane. L’explosion a également fait des blessés parmi les membres des services de sécurité, a-t-il ajouté sans pouvoir préciser leur nombre.

L’OSDH a fait en outre état dans la même région de « violents affrontements entre l’armée et des dissidents (…), au cours desquels l’armée a utilisé des mitrailleuses lourdes ». Il a précisé qu' »un membre de la sécurité a été tué à un barrage ».

Dans ce contexte tendu, les Etats-Unis envisagent de fermer leur ambassade. « Nous sommes vraiment inquiets quant à la dégradation de la sécurité à Damas –notamment après la récente augmentation des (attentats) à la voiture piégée– et quant à la sécurité de notre personnel diplomatique », a indiqué le département d’Etat.
« Nous avons aussi dit au gouvernement syrien que, faute de mesures concrètes au cours des prochains jours, nous n’aurions d’autre choix que de fermer la mission », a-t-il ajouté, tout en précisant « qu’aucune décision n’a(vait) encore été prise ».

Un attentat suicide, imputé par les autorités à des « terroristes » et par des opposants au régime, avait fait 26 morts le 6 janvier à Damas, où un double attentat à la voiture piégée avait déjà fait 44 morts et 150 blessés le 23 décembre.

 

AFP______________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires