Syrie: l’armée prend le contrôle du quartier rebelle de Baba Amr

Syrie: l’armée prend le contrôle du quartier rebelle de Baba Amr

164
0
PARTAGER

Incapable de faire tomber le régime de Bachar al-Assad par les manifestations après presque un an d’une révolte au départ essentiellement pacifique, l’opposition a finalement annoncé jeudi la création d’un « bureau militaire », reconnaissant « l’importance de contrôler la résistance armée ».
« L’armée syrienne contrôle la totalité de Baba Amr, les dernières poches de résistance sont toutes tombées », a affirmé en début d’après-midi une source au sein des services de sécurité à Damas.
« Les soldats sont en train de distribuer de la nourriture à la population qui était bloquée et d’évacuer les blessés », a assuré cette source, précisant que l’armée était aussi à la recherche des journalistes français bloqués, dont Edith Bouvier, qui est blessée.
« Les rebelles sont encore dans les quartiers de Hamadiyé et Khaldiyé (nord-est) et les opérations vont se poursuivre pour les déloger », a ajouté la source.

Dans le même temps, le chef de l’Armée syrienne libre (ASL), le colonel Riad Assaad, a annoncé un retrait « tactique » de ses combattants à Baba Amr « par souci pour les vies des civils restants » dans ce quartier assiégé et bombardé depuis 27 jours, et sur lequel il neigeait jeudi matin.

La « brigade des révolutionnaires de Baba Amr » a également annoncé « un retrait tactique du quartier en raison de la situation humanitaire difficile des habitants et du manque aigu d’armes et de munitions », selon un communiqué diffusé par plusieurs sites de militants.

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), 17 civils ont été tués jeudi dans les combats aux abords du quartier rebelle, où l’armée procédait à des perquisitions et à des arrestations.

En outre, des tireurs embusqués ont tué un civils dans le quartier de Bayyada et trois autres dans le quartier de Bab al-Sbaa à Homs, ainsi qu’un civil dans la province de Hama (centre), tandis qu’un civil est mort pendant une perquisition dans la province de Damas, selon l’OSDH.

Les combattants rebelles, essentiellement des déserteurs équipés d’armes légères et moyennes, avaient déjà répété qu’ils peinaient face à l’artillerie lourde des forces régulières.

Mais le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l’opposition, a annoncé jeudi qu’il allait organiser des livraisons d’armes à la rébellion à travers un nouveau bureau militaire.
« On va déterminer nos demandes, nos besoins en armes, et on verra dans quel pays les chercher. Il s’agit de défendre les civils et pas de lancer la guerre », a déclaré à Paris le président du CNS, Burhan Ghalioun.

Le bureau militaire rassemblera l’ASL et le « Conseil militaire révolutionnaire supérieur », créé par le général déserteur Moustapha al-Cheikh, selon M. Ghalioun.

L’armement de l’opposition, une idée à laquelle Washington est réticent de crainte qu’Al-Qaïda ne profite des violences, reçoit de plus en plus d’appuis.

Le Parlement koweïtien a adopté jeudi une résolution non contraignante appelant à armer l’opposition et à rompre les liens diplomatiques avec Damas. Le Premier ministre du Qatar, Hamed ben Jassem al-Thani, qui s’était dit lundi favorable à des livraisons d’armes, a affirmé jeudi que son pays était prêt à étudier « toutes les options » pour sauver le peuple syrien.

Accentuant l’isolement du régime, le Royaume-Uni a retiré l’ensemble de son personnel diplomatique de Syrie et suspendu le fonctionnement de son ambassade « pour des raisons de sécurité ».

Face aux violences qui ont fait plus de 7.600 morts depuis mars 2011 et à une crise humanitaire aiguë, le Conseil des droits de l’Homme a adopté une résolution condamnant, une fois de plus, les « violations de plus en plus graves des droits de l’Homme » en Syrie et appelant Damas à autoriser un « accès sans entrave » à l’ONU et aux agences humanitaires.

Les autorités, qui avaient refusé à la responsable des opérations humanitaires de l’ONU Valerie Amos l’autorisation d’entrer en Syrie, se sont justifiées jeudi en affirmant que la date proposée ne leur convenait pas et qu’elles étaient prêtes à organiser de nouveau un rendez-vous.

La Russie a d’ailleurs déclaré recommander « avec insistance » à Damas de recevoir Mme Amos en signe de « bonne volonté ».

L’incertitude régnait toujours sur la situation de Mme Bouvier et de son compatriote photographe William Daniels, probablement toujours bloqués à Homs. Mme Bouvier a été grièvement blessée le 22 février lors d’un bombardement qui a coûté la vie à deux confrères étrangers.

Selon M. Ghalioun, elle se trouvait mercredi « dans un endroit protégé ». Et selon les Comités locaux de coordination (LCC), elle refuse de quitter Baba Amr tant que tous les civils blessés ne seront pas évacués.

Le nouvel émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, est par ailleurs attendu le 7 mars au siège de la Ligue au Caire puis à Damas mais à une date qui n’est pas encore connue, a indiqué jeudi le chef de l’organisation panarabe, Nabil al-Arabi.

AFP________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires