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Syrie: législatives en mai, le régime tente de mater la résistance à Idleb

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Les Etats-Unis ont jugé « ridicule » d’organiser des élections « au milieu des violences », qui selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) ont fait 43 morts mardi, dont de nombreux soldats et des membres des forces de sécurité.
« Le président Assad a émis un décret fixant les élections de l’Assemblée du peuple (Parlement) au 7 mai », a rapporté l’agence officielle Sana.

Les législatives, qui devaient se tenir en septembre 2011, avaient été reportées en raison du processus de réformes annoncées par le président Assad dans la foulée de la révolte sans précédent contre son régime, lancée il y a un an.

Parmi ces réformes figurent notamment une nouvelle loi des partis et une nouvelle Constitution mettant fin à la primauté du parti Baas au pouvoir. La nouvelle loi fondamentale avait été plébiscitée le 27 février lors d’un référendum qualifié de « plaisanterie » par Washington.
« Des élections législatives, pour un parlement qui n’est qu’une chambre d’enregistrement, au milieu des violences que l’on peut voir à travers le pays, c’est ridicule », a déclaré mardi à des journalistes la porte-parole du département d’Etat américain, Victoria Nuland.

L’annonce du scrutin intervient alors que la communauté internationale attendait mardi une réponse du président syrien aux « propositions concrètes » que lui avait soumises le week-end dernier Kofi Annan, selon qui les entretiens avaient porté sur la nécessité « d’un arrêt immédiat des violences et des meurtres, d’un accès aux organisations humanitaires et d’un dialogue ».

Sur le terrain, l’armée a intensifié son offensive meurtrière contre les bastions rebelles, notamment dans la province montagneuse d’Idleb (nord-ouest) frontalière de la Turquie dont le régime a annoncé avoir repris le chef-lieu.
« Trois jours après le début de l’opération d’envergure dans la ville d’Idleb (…) celle-ci s’est terminée en un temps record », selon le quotidien privé Al-Watan proche du pouvoir.

Cependant, l’OSDH comme les militants a nié que l’armée ait pris le contrôle total d’Idleb. « L’armée contrôle la plupart de la ville mais il y a encore des poches de résistance et des combats entre rebelles et soldats », a indiqué Rami Abdel Rahmane, président de l’OSDH.

Des militants évoquent une situation humanitaire insoutenable avec un manque total d’eau et d’électricité et des communications coupées.

D’autre part, l’OSDH fait état de la découverte lundi soir dans une mosquée de la ville de 11 corps de personnes qui auraient été tuées lors d’opérations de l’armée dimanche.

L’AFP n’était pas en mesure de confirmer ces informations en raison des mesures draconiennes imposées par les autorités aux médias étrangers pour la couverture de la crise.

En province, 10 soldats ont péri dans une attaque rebelle, selon l’OSDH qui fait état également de la mort de 12 membres des forces de sécurité dans la province de Deraa (sud), tués dans une embuscade de rebelles.

La journée de lundi a été marquée par la découverte d’une cinquantaine de corps de femmes et d’enfants à Homs (centre), un « massacre » attribué par des militants aux forces gouvernementales et par la télévision officielle à des « gangs terroristes ».

Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi, a par ailleurs réclamé une « enquête internationale impartiale pour faire la lumière sur ces événements et sur les responsables de ces crimes pour qu’ils soient traduits en justice ». Selon lui ces crimes « peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité ».

A Genève, la Haut commissaire adjointe aux droits de l’homme, Kyung-wha Kang, a annoncé l’envoi d’observateurs de l’ONU cette semaine dans les pays voisins de la Syrie pour recueillir des informations sur les « violations et atrocités » commises dans ce pays.

Les violences ont fait plus de 8.500 morts depuis le 15 mars 2011 selon l’OSDH. Par ailleurs, 30.000 réfugiés ont été enregistrés par le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR) qui –citant des chiffres du Croissant-Rouge syrien, estime qu’il y a 200.000 déplacés.

Le HCR a dit avoir nommé un coordonnateur pour les réfugiés syriens –Panos Moumtzis–.

D’autre part, Human Rights Watch a accusé Damas de poser des mines le long de ses frontières avec le Liban et la Turquie, sur des itinéraires empruntés par les réfugiés fuyant le pays.

Sur le plan diplomatique, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a indiqué que son pays voulait convaincre la Syrie d’accepter des observateurs internationaux indépendants qui surveilleraient l’arrêt « simultané » des violences des deux côtés. Il a indiqué que la Russie discutait de cette proposition avec les pays arabes et l’ONU où les divergences persistent sur le dossier syrien.

A Ankara, le patron de la CIA David Petraeus a évoqué mardi la crise syrienne avec le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a rapporté la chaîne d’information NTV.

AFP___________

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