Syrie: l’opposition demande une protection internationale, le régime accuse Washington

Syrie: l’opposition demande une protection internationale, le régime accuse Washington

294
0
PARTAGER

Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majorité des courants de l’opposition, a accusé les forces gouvernementales de commettre des « massacres barbares » à Homs (centre), un haut lieu de la révolte pilonné et assiégé par les troupes du régime de Bachar al-Assad.
Faisant fi des sanctions décidées par les pays occidentaux et des pressions de la Ligue arabe, la Syrie a poursuivi ses opérations sécuritaires malgré son accord « sans réserves » le 2 novembre à un plan arabe de sortie de crise, faisant plus de 80 morts depuis dont 8 lundi.
Déclarant Homs « ville sinistrée », le CNS a réclamé « l’envoi immédiat d’obervateurs arabes et internationaux ». Les opposants ont surnommé Homs, troisième ville du pays qui a donné le plus de « martyrs », « capitale de la Révolution » syrienne. Homs est la dernière grande ville dont les autorités n’ont pas pris entièrement le contrôle, après Lattaquié, Hama, Deir Ezzor et Banias.
Le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a dit qu’il discuterait avec ses partenaires de l’ONU de cet appel à la protection internationale. « Le comportement du régime est inacceptable, on ne peut pas lui faire confiance », a-t-il dit.
De son côté, le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a écarté l’option d’une intervention militaire, préférant un renforcement de la pression internationale sur le régime.
Selon l’administration américaine, le régime commence à ressentir les effets des sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne. Le nombre des défections d’officiers au sein de l’armée syrienne commence à « augmenter », a affirmé Victoria Nuland, la porte-parole du département d’Etat.
Selon des ONG syriennes, l’armée a lancé avant l’aube une attaque d’envergure contre les quartiers de Homs où, 16 civils ont été tués dimanche.
D’après le CNS, « les corps jonchent le sol » dans la ville où l’armée a eu recours à « l’artillerie lourde, aux roquettes et à l’aviation ». « L’armée encercle Homs pour le 5e jour consécutif afin de briser la volonté de ses habitants », a ajouté le CNS.
Selon l’Observatoire syrien de droits de l’Homme (OSDH), « les forces armées sont entrées dans le quartier de Baba Amro après des affrontements entre l’armée et des déserteurs présumés » qui ont fait des « dizaines de morts et de blessés dans les deux camps ». Les habitants ont aperçu un camion « rempli de corps », a indiqué l’ONG.
Cinq civils ont été tués dans la ville de Homs et un sixième, une fillette, dans la localité proche de Houla, selon l’OSDH qui a ajouté que deux autres civils ont été tués à Kfarzita, dans la province de Hama, au nord de Homs.
Dans le gouvernorat d’Idleb (nord-ouest), des soldats se sont déployés sur la route internationale Khan Cheikhoune/Maaret al-Noomane après de violents affrontements nocturnes entre soldats et déserteurs présumés près du village de Hiche.
L’Armée libre de Syrie (ALS), un mouvement d’opposition armée, a revendiqué sur Twitter une opération près de Hiche: « L’un de nos bataillons a attaqué une patrouille d’agents de la sécurité et de Chabbiha (milices pro-régime), tuant neuf de ses éléments et blessant 20″.
De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a accusé les Etats-Unis « d’être impliqués actuellement dans les évènements sanglants en Syrie » et demandé à la Ligue arabe « de condamner cette implication et de faire le nécessaire pour y mettre fin », dans une lettre à l’organisation panarabe.
La Syrie, qui attribue les violences à des « gangs terroristes armés », réclame aussi l’aide de la Ligue « pour créer l’atmosphère appropriée pour appliquer l’accord » arabe de sortie de crise, selon un communiqué de la Ligue.
Face à l’escalade de la répression, la Ligue arabe avait accusé dimanche Damas d’avoir failli à ses engagements et annoncé une réunion « d’urgence » le 12 novembre au Caire.
Pour sa part, la Commission générale de la révolution syrienne (CGRS), un des groupes qui chapeautent la contestation, a appelé la Ligue arabe à « retirer son initiative et à protéger les civils conformément aux lois internationales » et a décrété jeudi « journée de grève générale en Syrie pour soutenir Homs ».
L’ONU a dit en octobre craindre une « guerre civile » dans le pays, en chiffrant à plus de 3.000 le nombre de personnes tuées dans la répression depuis huit mois.

 

AFP___________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires