Syrie: Obama et Erdogan réclament une « transition », la répression continue

Syrie: Obama et Erdogan réclament une « transition », la répression continue

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La contestation ne s’essoufle pas non plus. En plus des défilés quotidiens pendant le mois sacré du ramadan, les militants ont appelé sur Facebook à une forte mobilisation vendredi, autour du slogan « Nous ne nous soumettrons qu’à Dieu ».
Jeudi après-midi, les autorités ont arrêté le président de la Ligue syrienne des droits de l’Homme, Abdel Karim Rihaoui. Grâce au réseau de militants de la Ligue dans le pays, M. Rihaoui est une source essentielle d’informations pour la presse étrangère, dont les mouvements sont très limités en Syrie.
Au cours d’une conversation téléphonique, le président américain Barack Obama et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan ont évoqué jeudi soir « leur conviction de la nécessité de répondre à l’exigence légitime d’une transition démocratique de la part du peuple syrien », selon la Maison Blanche.
Les deux hommes ont insisté « sur la nécessité de mettre fin immédiatement au bain de sang et à la violence contre le peuple syrien » et se sont engagés à « suivre de près les actions entreprises par le gouvernement syrien et à se consulter étroitement ces prochains jours ».
Des responsables américains ont aussi déclaré jeudi que Washington envisageait d’appeler explicitement Bachar al-Assad à quitter le pouvoir, un pas qu’ils n’ont pas franchi jusqu’à présent pour la Syrie, à l’inverse de leurs appels répétés en ce sens au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.
Mais les pressions internationales ne semblent pas faire fléchir le régime de Bachar al-Assad, qui s’est dit résolu à venir à bout de la révolte même s’il a admis mercredi avoir commis des « erreurs » au début du mouvement mi-mars.
Jeudi, l’armée est intervenue à Qousseir, dans la province de Homs (centre) et à Saraqeb, dans celle d’Idleb (nord-ouest), selon des militants.
A Qousseir, des dizaines de chars ont pénétré à l’aube et au moins 11 civils ont été tués, des dizaines d’autres blessés et une centaine de personnes ont été arrêtées, selon un militant à Homs, ville à la pointe de la contestation où 17 personnes avaient été tuées mercredi.
« Les habitants ont fui à travers champs et toutes les communications sont coupées avec la ville », a-t-il expliqué.
Dans l’est du pays, à Deir Ezzor, au moins trois personnes ont été tuées par des tirs des forces de sécurité dans le quartier d’Al-Matar et plusieurs maisons et magasins ont été incendiés, a indiqué Rami Abdel Rahmane, chef de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Et dans le nord-ouest, des chars de l’armée et des véhicules de transport de troupes accompagnés de bus transportant des forces de sécurité ont pénétré dans Saraqeb, procédant à des perquisitions et à plus d’une centaine d’arrestations, a ajouté M. Abdel Rahmane.
L’électricité a été coupée dans cette localité où des manifestants défilaient chaque soir pour réclamer la chute du régime.
Mercredi, l’armée avait pourtant annoncé son retrait de la région d’Idleb, tout comme de celle de Hama, après dix jours d’offensive sanglante pour tenter de faire plier la ville rebelle après d’immenses rassemblements contre le régime.
Comme la veille, Hama était silencieuse jeudi, les magasins étaient fermés et les rues quasi-désertes portaient encore les traces des violences: véhicules carbonisés, façades criblées de balles, selon un journaliste de l’agence turque Anatolie qui a participé à une visite organisée par les autorités.
Le pouvoir ne reconnaît pas l’ampleur de la contestation et assure recourir à la force pour pourchasser des « groupes terroristes armés » qui sèment le chaos et attaquent les civils.
Selon des organisations de défense des droits de l’Homme, plus de 1.600 civils ont été tués depuis le 15 mars dans la répression. De son côté, le pouvoir a fait état de la mort de 500 membres des forces de l’ordre.
Pour maintenir la pression, les Occidentaux souhaitent une nouvelle réunion la semaine prochaine avec des responsables onusiens chargés des droits de l’Homme, estimant appropriées des « actions supplémentaires ».
Mais leur élan risque d’être stoppé par la Russie qui, malgré son appel à l’arrêt de la répression, veut favoriser « le dialogue et les réformes ».

 

 

AFP _____________________

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