Syrie: offensive médiatique du pouvoir avec la présentation d’une « 2e fosse commune »

Syrie: offensive médiatique du pouvoir avec la présentation d’une « 2e fosse commune »

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Trois mois après le début de la contestation et alors que la pression s’accroit toujours plus sur Bachar al-Assad, des « centaines de milliers » de manifestants se sont rassemblés mercredi dans la capitale autour du « plus grand drapeau syrien » posé au sol et long de 2.300 mètres.

 

De nombreux manifestants agitaient des drapeaux et brandissaient des portraits du président, dans une ambiance de fête sur fond de chants patriotiques, selon des images de la télévision. « Avec notre âme et notre sang, nous nous sacrifions pour toi Bachar » ou « Dieu, la Syrie, Bachar », scandaient-ils.
Dans le même temps, Damas a organisé un voyage de presse très encadré dans la ville de Jisr al-Choghour, désertée par ses 50.000 habitants et reprise dimanche par l’armée au terme d’une offensive lancée trois jours plus tôt.

Entre soldats barricadés derrière des sacs de sables et rares habitants présents louant l’armée pour son intervention, les autorités ont voulu offrir la vision d’une ville pacifiée après ce qu’elles présentent comme « l’attaque de bandes armées ».

Au diapason, Ahmad hajj Ibrahim, rentré avec sa femme et son enfant se dit « en sécurité en présence de Bachar al-Assad et de l’armée ».

Aux journalistes, dont l’AFP, les militaires ont exhibé cinq dépouilles, déposées aux côtés de ce qui est présenté comme une « deuxième fosse commune » découverte depuis dimanche.

Devant la presse, un prisonnier -présenté comme « un homme armé ayant participé au massacre du QG de la Sécurité », le 6 juin- corrobore la version officielle: ces hommes ont été tués « par des hommes armés lors de la tuerie » au cours de laquelle 120 policiers sont morts. Opposants, déserteurs et réfugiés, parlent eux d’une mutinerie.

Car les restrictions imposées aux médias, aux enquêteurs de l’ONU et aux organisations humanitaires empêchent toute vérification indépendante.

Ainsi, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a exhorté à nouveau la Syrie d’autoriser la Haut-Commissaire Navi Pillay de venir mener « une enquête sans entrave établissant les circonstances entourant les violations du droit international en matière de droits de l’Homme ».
« Malgré plusieurs requêtes officielles (…) je n’ai reçu aucune réponse du gouvernement », a déploré à Genève la responsable de l’ONU pour les droits de l’Homme.

A défaut, des experts des Nations unies sont arrivés dans la province turque de Hatay (sud), où affluent des milliers de réfugiés syriens fuyant la répression, pour « enquêter sur les exactions » en Syrie.
Plus de 8.500 Syriens ont trouvé asile en Turquie, à quoi s’ajoutent 5.000 autres réfugiés au Liban. Une fois franchie la frontière turque, ils sont dirigés vers des camps dressés par le Croissant-Rouge.
Ankara continue également d’être en première ligne sur le front diplomatique: un émissaire du président Bachar al-Assad devait être reçu mercredi par le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan.
Ce dernier s’était déjà entretenu par téléphone mardi avec M. Assad et l’avait exhorté à établir d’urgence un calendrier de réformes et de mettre fin à la répression qui a coûté la vie à 1.200 personnes et entraîné l’arrestation de quelque 10.000, selon des ONG et l’ONU.

Entre-temps, la France continue de militer auprès des 14 autres membres du Conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir une majorité de 11 voix pour voter un projet de résolution condamnant cette répression, la Russie et la Chine y étant strictement opposées.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lui exhorté le président syrien à « mettre en oeuvre des réformes maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ».
Mais ces initiatives n’ont aucunement freiné la répression de Damas.

L’armée poursuit en effet son ratissage dans le gouvernorat d’Idleb, à 330 km au nord de Damas, notamment à Ariha et Maaret al-Nomaan dans les environs de Jisr al-Choughour, selon un militant des droits de l’Homme. Selon les témoins, l’armée empêche la population de quitter le gouvernorat d’Idleb, tirant sur ceux qui risqueraient de déjouer les points de contrôle militaires.

Selon les médias officiels, l’armée traque les « groupes armés » autour de Jisr al-Choughour et le gouvernement « appelle les habitants à rentrer dans leur village qu’ils ont été contraints de quitter ». « Les groupes armés terrorisent les habitants de Maaret al-Nomaan comme ils l’avaient fait à Jisr al-Choughour », affirme l’agence Sana.

La mobilisation de l’armée ne dissuadait toutefois pas les opposants de continuer à manifester: des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues de Hama (centre), selon un militant des droits de l’Homme.

AFP________________________

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