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Un géant du théâtre marocain vient de nous quitter. Le dramaturge Tayeb Saddiki a rendu l’âme ce vendredi 5 février. Né le 5 janvier 1939, il aura marqué l’histoire du théâtre en ayant écrit près de 80 pièces, dont plusieurs sont des adaptations d’oeuvres étrangères à l’arabe. L’information a été révélée par l’animateur radio et journaliste marocain Anis Hajjam, qui l’a appris du frère de Tayeb Saddiki. Une information confirmée au HuffPost Maroc par l’artiste Mamoun Salaje, neveu de Tayeb Saddiki.

Alors qu’il a toujours été discret sur sa vie privée, Seddiki a surtout brillé pour ses accomplissements artistiques. Il a, d’ailleurs, été souvent primé pour son oeuvre. En 1976, il reçoit le Ouissam Al-Massira des mains de Hassan II à l’occasion de la Marche verte. Trois ans plus tard, il est décoré par la république française et est nommé Chevalier des arts et des lettres.

Ce n’est pas tout, car il reçoit le prix de la première oeuvre aux Journées cinématographiques de Carthage pour son long métrage « Zeft » en 1984. Sa dernière décoration sera attribuée par le roi Mohammed VI qui lui décerne un Ouissam al-Kafaâ al-Fikria (mérite intellectuel). En France, il est depuis 1983 Officier de l’ordre des arts et des lettres.

Un artiste aux talents multiples

Tayeb Seddiki avait plus d’une corde à son arc. S’il a été acclamé par les Marocains pour son oeuvre théâtrale, il est également calligraphe et écrivain. Ce natif d’Essaouira s’est, aussi, beaucoup investi dans la vie culturelle de sa ville, en fondant notamment le festival musical d’Essaouira en 1980. Dans les années 2000, il avait lancé son théâtre privé, au quartier CIL à Casablanca.

Personnage central dans la vie artistique, culturelle et intellectuelle marocaine, on lira, pendant longtemps encore, ses articles et travaux, parus dans la revue Soufflesnotamment. C’est grâce à lui que le théâtre marocain a connu un bond qualitatif considérable. C’est aussi, un peu, grâce à lui que l’on connaît, aujourd’hui, un groupe comme Nass El Ghiwane, qui ont rencontré leur première célébrité en participant à des pièces dirigées par Saddiki. Il rejoint, aujourd’hui, son ami Jacques Brel, qu’il a côtoyé dans les années 70.

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