Tcharmil : la psychose continue à Casablanca

Tcharmil : la psychose continue à Casablanca

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Depuis quelques mois, une succession de faits divers ont tétanisé la capitale économique du royaume. A Derb Ghallef, début avril, un commerçant de quincaillerie est égorgé par son propre employé. Une affaire qui a suscité l’émoi dans le tout Casablanca. Une semaine plus tôt, une septuagénaire a succombé suite à un jet de pierre lancé sur sa voiture par deux individus depuis un pont au niveau de Sidi Maârouf.

Moins graves mais au quotidien, les vols à l’arme blanche semblent dorénavant fleurir dans les quartiers ordinaires réputés sûrs de Casablanca. Fin mars, une attaque avec armes blanches s’est produite dans un café huppé en plein quartier Palmier. C’était le cas également au club du Wydad Athletic, lorsque les joueurs et l’entraîneur ont été pris à partie par une quarantaine d’individus armés de sabres. Heureusement, plus de peur que de mal, les joueurs du Wydad se sont, juste, fait détrousser de leurs biens personnels (argent, téléphones portables…).

« Je ne me sens plus en sécurité »

Depuis, un sentiment d’insécurité s’est bien installé dans l’esprit des Bidaouis. La moindre course est devenue un acte de témérité dans certains quartiers de la ville. « Je ne me sens plus en sécurité car le niveau du crime s’est élevé dans ma ville », observe Badreddine, 22 ans, étudiant en faculté d’économie. «Si la police faisait bien son travail, il y aura moins de crimes », ajoute-t-il.

Anass (36 ans, manager de projets) reproche aux autorités qu’elles soient « toujours en mode réactif et non en proactif » et souhaite « plus d’anticipation de leur part, et ne plus attendre que ça dégénère avant d’intervenir ».

Dans le quartier de Sbata, un jeune s’approche d’une patrouille motorisée de policiers récemment mise en place, et leur lance : « merci pour ce que vous faîtes pour nous ». Le flic à l’arrière de la moto lui rétorque : « cause toujours, tu m’intéresses ! C’est nous qui nous tapons toute la m…. alors que vous vous trémoussez. Attendez la fin de cette campagne et vous aurez de nos nouvelles » ; histoire que tout redeviendra à la normalité de toujours.

Les razias à répétition dans Casablanca

Le phénomène prend de l’ampleur avec la mise en ligne de vidéos et de photos de jeunes qui se revendiquent d’une nouvelle tendance « Tcharmil », arborant le butin acquis à la suite de razias à répétition dans la ville de Casablanca.

Le reste nous le savons, il a fallut que le roi décide de prendre les choses en main et donne ses ordres aux ministères concernés afin de réagir de manière ferme à la généralisation du phénomène d’insécurité à Casablanca et dans les autres villes du pays.

C’est ainsi qu’un large élan de mobilisation a amené les ministères de l’Intérieur, de la Justice et les forces auxiliaires, à coordonner des actions chocs d’abord dans les rues de Casablanca et ensuite dans les autres villes. Cette campagne sécuritaire à large spectre a été révélée à coup d’annonce dans les médias. Dans ce sens, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Hassad a sillonné les différentes villes en compagnie du ministre délégué à l’Intérieur avec un seul mot d’ordre : sévir et tolérance zéro.

Le Tout sécuritaire n’est pas une panacée

Cependant, les réactions au sein de la société se font entendre à tous les niveaux. Des voix se sont élevées pour dénoncer le « Tout sécuritaire » estimant que ce genre de campagne à la hâte n’est en dernier ressort que des palliatifs et que l’essentiel est ailleurs.

Meryem, 29 ans, responsable en communication interne dans une firme à Casablanca, estime que pour ces jeunes « Il leur faut un réel accompagnement et voir quel est le problème de fond et la source ». Pour elle « Cela est dû à un système éducatif désarticulé, à la corruption, aux privilèges accordés à certains et à la pauvreté ».

Asmaâ (26 ans, assistante en ressources humaines) pense que « Le phénomène du Tcharmil existait toujours, mais maintenant c’est devenu la mode de l’exhiber sur le net » et qu’ « il faut le contrecarrer une fois pour toute».

Amine (38 ans) pense que la cause est fondamentalement liée au laxisme des autorités qui voient se développer de véritables business de psychotropes et d’anxiolytiques (Karkobi) dans les quartiers populaires et qui font des ravages parmi les jeunes.

En dépit du fait que les protagonistes du phénomène se font de plus discrets sur le Net et surtout dans les rues (en abandonnant les signes extérieurs du Tcharmil), un curieux sentiment de psychose continue de tenailler les familles.

 

 

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