TELEVISIONS : LE PÔLE PUBLIC EN CRISE

TELEVISIONS : LE PÔLE PUBLIC EN CRISE

374
0
PARTAGER

Colère qui semble motivée par un laisser-aller chronique de la part des dirigeants d' »Al Oula » et de « 2 M », qui semblent se cantonner dans un attentisme ou plus  grave encore, dans un défaitisme devant un naufrage dont les causes sont multiples.

 

La première chaîne, à titre d’exemple, vit dans un marasme alors que curieusement, elle n’a jamais autant reçu d’argent des caisses de l’état. Engagés dans une politique dispendieuse de création de nouveaux canaux pour compléter un bouquet dont la viabilité reste à prouver, ses responsables se sont lancés dans la création de nouvelles chaînes dont l’audience reste tout à fait confidentielle et le contenu famélique. Tout aussi hasardeux le choix technologique de la TNT (Télévision numérique terrestre) dont le public marocain, dans sa large majorité, reste imperméable à son accès. L’audience de cette chaîne étant en chute vertigineuse à cause de ses modestes programmes, les annonceurs se sont éloignés de ce support historique, la laissant soutenue par l’effort financier de l’état qui la garde sous perfusion en permanence afin qu’elle ne sombre pas.

Ligne éditoriale et rendez-vous d’informations insipides, grille des programmes déstructurée et pauvre quantitativement et qualitativement, personnel peu motivé évoluant dans un cadre routinier aux horizons bouchés, Al Oula continue de traîner de gros boulets hérités de son lourd passif et aggravé par le manque de visibilité et l’excès d’assurance de ses responsables dépassés, c’est le moins que l’on puisse dire, par les événements qui se bousculent, à l’heure où le piètre rendement de celle-ci est fortement décrié par les foules lors des manifestations depuis le 20 février. La question lancinante qui se pose à présent est de savoir jusqu’à quand perdurera cette situation de déliquescence avec son coût exorbitant au frais du contribuable qui a fait définitivement son choix en ne jurant que par les chaînes satellitaires arabes et autres.

Situation identique au sein de la deuxième chaîne qui, loin de son lustre d’antan, a sombré dans une médiocrité injustifiable. La crise couve en son sein désormais et c’est le moral de son personnel qui est au plus bas. Avec un directeur général ne disposant pas de toutes les compétences pour cette fonction, la chaîne de Casablanca vit des moments très difficiles et vit essentiellement sur son passé pour séduire encore ses fidèles. Or ce passé glorieux a montré ses limites et cédé la place à une dure réalité: chute des taux d’audience, manque de nouvelles émissions fédératrices à grande échelle, concurrence acharnée de Medi 1 TV depuis quelques mois, recettes publicitaires en baisse…de quoi démotiver un personnel soucieux de retrouver la notoriété perdue de son entreprise. Prise également et violemment à partie par les foules de manifestants pour un traitement très subjectif des mouvements de contestation et la qualité de sa ligne éditoriale qui laisse à désirer, la deuxième chaîne de télévision nationale est en prise, en interne, à des secousses régulières jamais enregistrées auparavant. Les médias de la presse écrite se faisant quotidiennement l’écho de ce malaise interne à Ain Sebâa, l’épreuve de force semble résolument engagée entre les syndicats et la direction générale pour remettre le bateau à flots, quoique rien ne semble indiquer cette éventualité, tellement les choses ont empiré depuis des mois et des mois.

En fait, il faut retenir de cette double crise, que notre paysage audiovisuel public est tellement éclaté entre une multitude de chaînes de télévision qui , loin de répondre aux attentes des citoyens, le poussent à migrer vers d’autres supports satellitaires, plus créatifs ou disposant d’une offre plus attractive et plus riche en termes de contenu. Ce fossé c’est creusé au fil des années et notre pôle public n’a rien fait pour procéder à sa mise à niveau, se contentant de temps en temps de copier des concepts et d’en faire de pâles copies ou important des séries à faibles coûts, histoire de conserver quelques grappes de téléspectateurs encore accrochés aux chaînes nationales en perte de vitesse aujourd’hui plus que jamais.

Jalil Nouri pour Actu-maroc.com ________________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires