Thaïlande: 13 morts dans une série d’attaques à la bombe dans le...

Thaïlande: 13 morts dans une série d’attaques à la bombe dans le Sud

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Samedi vers midi (05H00 GMT), deux bombes ont explosé à quelques minutes d’intervalle dans le centre de Yala, capitale d’une des trois provinces placées sous état d’urgence depuis 2005. Ces attentats ont fait dix morts et 117 blessés, dont 29 étaient toujours hospitalisés dimanche, selon le colonel Pramote Promin, un porte-parole de l’armée dans le Sud.

 

Moins d’une heure plus tard, une explosion d’abord attribuée au gaz a frappé un hôtel de Hat Yai, la plus grande ville de cette région du pays, très populaire auprès des touristes asiatiques et généralement moins visée par les attaques. « C’était une voiture piégée et c’est lié aux événements à Yala », a indiqué dimanche le général Priewpan Damapong, chef de la police nationale. « Je pense que c’était le travail du même groupe ».

Cette troisième bombe a provoqué un incendie dans l’hôtel et tué trois personnes, dont un touriste malaisien, selon la police.

Le gouverneur de la province de Songkhla, Grisada Boorach, a ajouté que 416 personnes avaient été blessées, principalement par l’inhalation de fumée, et que 140 étaient toujours à l’hôpital dimanche.
Une insurrection a fait plus de 5.000 morts depuis janvier 2004 dans l’extrême Sud, région rattachée à la Malaisie jusqu’au début du XXe siècle et où des groupes rebelles luttent contre la domination de Bangkok. Le conflit est de nature politique, mais a pris une dimension religieuse au sein d’une population majoritairement d’ethnie malaise et de confession musulmane, contrairement au reste du pays, essentiellement bouddhiste.

Selon Sunai Phasuk, de l’organisation Human Rights Watch, les autorités thaïlandaises ont récemment mené des actions répressives contre les réseaux insurgés tout en réamorçant un dialogue avec certains groupes.
« Les factions radicales essaient de prouver que la violence est le seul moyen de parvenir à l’objectif de la séparation », a-t-il expliqué à l’AFP. « Il y a une tendance inquiétante à la radicalisation au sein du mouvement ». L’atmosphère générale se détériore dans la région, avec « de nouveaux cas d’abus, y compris des meurtres de civils musulmans, et des abus sexuels contre des filles musulmanes par des soldats thaïlandais ».

L’armée a récemment reconnu que des paramilitaires avaient abattu, après un « malentendu », quatre villageois musulmans qui revenaient de funérailles, dans la province de Pattani. Elle est régulièrement accusée d’abus par les groupes de défense des droits de l’Homme, qui dénoncent l’impunité dont elle bénéficie.

Mais les insurgés ne sont pas non plus exempts de critiques.

Dans un rapport daté de septembre, Amnesty International soulignait qu’ils ciblaient de plus en plus de civils lors d’attaques parfois assimilables à des « crimes de guerre ». Les dernières en date « visaient spécifiquement des civils », a d’ailleurs relevé Sunai, notant que le choix de la date, à une quinzaine de jours du nouvel an bouddhiste, n’était pas innocent. « Ils veulent paralyser l’économie du Sud ».

L’un des événements les plus meurtriers dans la région a eu lieu en octobre 2004. Sept personnes avaient été abattues par les forces de l’ordre lors d’une manifestation à Tak Bai, et 78 autres étaient mortes étouffées ou écrasées dans les camions qui les conduisaient en détention.

AFP ______________

 

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