Torture: Amnesty International charge le Maroc

Torture: Amnesty International charge le Maroc

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Le rapport 2014 d’Amnesty international n’est pas tendre à l’égard du Maroc. Plutôt c’est tout le contraire.

C’est un nouveau rapport au vitriol que celui qu’a rendu public ce 19 mai 2015, l’organisation non gouvernementale Amnesty international, spécialisée dans la lutte pour la préservation des droits de l’Homme à travers le monde. Ce rapport 2014, couvrant les années de 2010 à fin 2014 et consacré à la pratique de la torture au Maroc et au Sahara, porte le titre pour le moins provocateur à savoir L’ombre de l’impunité.

Dans ce rapport, l’ONG répertorie quelque « 173 cas torture infligés à des hommes, des femmes et des mineurs par des policiers et des membres des forces de sécurité entre 2010 et 2014. Figurent parmi les victimes de la torture des étudiants, des militants politiques de tendance de gauche ou islamiste… ainsi que des personnes soupçonnées de terrorisme ou d’infractions de droit commun. »

Comme à son habitude, Amnesty donne la part belle aux victimes ou présumées victimes. Mais dans son rapport 2014, l’ONG va plus loin en omettant d’insérer comme c’est la règle, les réponses et autres explications des autorités marocaines. Un fait que la Délégation Interministérielle marocaine aux Droits de l’homme n’a pas manqué de relever lors d’une réunion lundi 18 mai à Rabat avec une délégation de l’ONG Amnesty International dirigée par M. Philip Luther, directeur de la région MENA au sein de cette ONG. La délégation a en effet noté qu’Amnesty International « n’a pas respecté son engagement d’insérer les éléments de réponse des autorités marocaines dans le corps du texte du rapport. Elle s’est seulement contentée de les placer en annexe du document. »

Positions douloureuses

Le rapport fait état de techniques de torture brutales employées par les forces de sécurité sur des détenus, telles que le maintien dans des positions douloureuses, notamment celle dite du «poulet rôti», où la victime est suspendue à une barre métallique par les poignets et les genoux.

Pour M. Moussadek, responsable au CNDH, la vision d’Amnesty n’a pas vraiment évolué et elle continue de juger le Maroc comme si nous sommes encore dans les années 70. « Tout n’est pas parfait, dit-il, mais beaucoup a été fait et les ONG nationales pointent des défaillances, le CNDH veille de son côté pour un meilleur respect des droits humains, mais quand on lit le rapport d’Amnesty on se dit qu’il y a certainement un problème d’un autre genre ».

Contacté lundi soir, M. Sektaoui, directeur d’Amnesty au Maroc souligne que le rapport n’est pas partial et que son ONG n’a pas de compte à régler avec quiconque. Peut-on accorder du crédit à cette profession de foi ? Rien n’est moins sûr quand Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International, souligne que «Les responsables marocains renvoient l’image d’un pays ouvert, respectueux des droits humains. Mais tant que la menace de la torture planera sur les détenus et les voix dissidentes, cette image ne sera qu’un mirage (…) Sous des apparences trompeuses, la torture est utilisée pour étouffer la contestation et entache certaines condamnations prononcées par la justice.»

Autant dire que la confiance entre le Maroc et Amnesty international n’est pas prête de s’installer.

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