Trafic d’organes: un rapport examiné

Trafic d’organes: un rapport examiné

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« Nous sommes les vigiles des valeurs représentées par la Convention européenne des droits de l’Homme », a affirmé Dick Marty en présentant son rapport. Celui-ci « ne traite pas mais surtout ne relativise pas les crimes commis par le régime (de l’ancien président serbe Slobodan) Milosevic, il n’est pas contre le peuple kosovar ni contre le peuple albanais », a-t-il assuré. « Les victimes étaient des Serbes, des Kosovars albanais considérés comme des traîtres ou des membres de groupes rivaux, pour nous ce sont avant tout et seulement des êtres humains », a souligné Dick Marty.

Dans son document de 27 pages, il met en cause le « Groupe de Drenica » qui regroupait des responsables de l’UCK. Selon le juge tessinois, leur chef n’était autre que l’actuel premier ministre kosovar sortant Hashim Thaçi. Dick Marty a toutefois précisé la semaine dernière à la Radio Télévision du Kosovo (RTK) n’avoir jamais affirmé que Hashim Thaçi était directement impliqué dans ce trafic d’organes. « Mais il est difficile de penser qu’il n’en a jamais entendu parler », avait-il ajouté.

Le rapport, rendu public en décembre, a suscité une très vive émotion au Kosovo et en Albanie. Il fait état « de nombreux indices qui confirment qu’à la fin du conflit armé, avant que les forces internationales aient pu rétablir l’ordre et la légalité, des organes auraient été prélevés dans une clinique en territoire albanais, près de Fushë-Krujë », au nord de Tirana. Il s’agissait surtout d’un commerce de reins pris sur « une poignée » de prisonniers sommairement exécutés, ces organes étant ensuite transplantés à l’étranger.

Dans son rapport, Dick Marty regrette que les organisations internationales en place au Kosovo après l’été 1999 aient « privilégié une approche politique pragmatique » en ne procédant pas à un « examen approfondi » de ces allégations. Il recommande que la Mission de police et de justice de l’Union européenne (Eulex) fasse « toute la lumière sur les indications de trafic d’organes ».

Les parlementaires doivent se prononcer dans l’après-midi sur un projet de texte qui demande notamment aux autorités albanaises et à l’administration kosovare de « collaborer sans réserve » avec Eulex et les autorités serbes pour faire la lumière sur des crimes commis au Kosovo et dans le nord de l’Albanie.

 

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