Transmission du sida: 9 ans de prison

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L’avocat général s’était indigné du manque de respect de l’accusé vis-à-vis des victimes, « des gamines en perdition » avec lesquelles il n’a pas utilisé le préservatif parce que, a-t-il dit durant l’audience, il l’empêchait « de jouir, d’avoir des sensations ». L’important était la seule « satisfaction de son plaisir personnel: ‘tant que moi je jouis, est-ce que (le reste) a de l’importance?’ « 

Alors qu’au début de l’enquête Hicheim Gharsallah niait les faits, au cours de l’audience il a reconnu avoir sciemment transmis le VIH à Agnès, son ancienne compagne et avoir eu des rapports sexuels non protégés avec deux autres jeunes femmes qui n’ont pas été contaminées. Avant que la cour ne parte délibérer vendredi, il leur a demandé « pardon », les yeux dans les yeux. « Il y a du chemin qui a été fait » par l’accusé, avait reconnu l’avocat général ce matin, avant d’appeler la cour à prendre le fait « en considération ». A ce titre, il avait requis une peine « de huit à dix ans » de prison.

« Il lui faut une obligation de soins »

« Elles ne sont que trois », avait rappelé l’avocat aux jurés, « mais la particularité des crimes en série c’est qu’on n’est jamais sûr d’avoir toutes les victimes. » D’ailleurs, « il a lui-même avoué qu’elles auraient pu être beaucoup plus nombreuses. » Tout en se défendant de vouloir « faire du Zola », l’avocat de Hicheim Gharsallah, Me Pascal Garbarini, avait ensuite dressé le portrait d’un homme mal aimé. « Certes, il a fait du mal », mais « c’est un homme en souffrance », avait-il dit. « On a criminalisé des faits, mais est-ce qu’on a prévu des soins, un suivi? Non, ce n’est pas prévu par la loi. (…) On veut apporter une réponse pénale à un comportement déviant, d’accord, mais comment? Il lui faut une obligation de soins », avait dit l’avocat.

Il avait donc proposé à la cour de condamner son client à une peine de cinq ans de prison dont une partie assortie d’un sursis avec mise à l’épreuve (SME). Un SME impliquerait un suivi thérapeutique. Me Morain a d’ailleurs soutenu la position de la défense, appelant le garde des Sceaux à « légiférer » afin que de tels criminels ne « soient pas relâchés » sans injonction de soins. « Il a eu un comportement insupportable, inadmissible, mais l’homme que vous avez devant vous a évolué », avait affirmé Me Garbarini. « On ne peut pas s’arrêter là », avait-il déclaré, avant de conclure: « Je vous demande d’aider M. Gharsallah. »

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