Tripoli: décor de film d’horreur dans un hôpital tenu par les pro-Kadhafi

Tripoli: décor de film d’horreur dans un hôpital tenu par les pro-Kadhafi

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Ce quartier populaire d’Abou Salim, situé dans le sud de Tripoli et réputé pro-Kadhafi, a été le théâtre depuis mardi de violents combats à l’arme légère et lourde entre rebelles et forces loyalistes.

 

Les pro-Kadhafi ont tenu l’hôpital de samedi à jeudi, tenant à distance toute personne qui tentait de s’approcher, blessés et personnel soignant, jusqu’à ce que les rebelles reprennent le contrôle du quartier, ont indiqué des médecins.

Au fil des jours, les patients sont morts les uns après les autres faute de soins.

Vendredi matin, le grand hôpital fantôme, quasiment vide, la façade constellée d’impacts de balles, ressemble à un décor de film d’horreur. Une vingtaine de cadavres pourrissent en tas sur la pelouse devant le bâtiment de trois étages. Un autre gît sur un brancard ensanglanté, gonflé de gaz de décomposition, à l’entrée des urgences.

Là, un convoi de la Croix-Rouge est venu charger les 17 survivants. « Les blessés seront emmenés dans l’hôpital central de Tripoli » qui fonctionne encore, explique une infirmière de l’organisation.

Allongé sur une civière dans une ambulance, un garçon de 10 ans, une balle dans le dos, est entouré par ses parents en larmes.

« Mon fils a été blessé devant Bab al-Aziziya », le vaste complexe d’où Mouammar Kadhafi dirigeait la Libye, « mais je ne savais pas ce qui lui était arrivé. C’est la première fois en cinq jours que je le vois, je l’ai retrouvé ce matin », sanglote Zine Mohammed al-Zadma.

« On ne savait pas où il était, on ne pouvait pas entrer dans l’hôpital, il y avait des morts partout… Enfin on l’a retrouvé », renchérit la mère, tout aussi bouleversée.

A l’intérieur, d’autres patients blessés par balles, accidentés ou malades attendent de partir depuis des jours, en se couvrant le nez de tissus. L’odeur est de pire en pire, colle à la bouche dans la chaleur -la climatisation ne fonctionne plus.

Au bout d’un couloir jonché de débris, boîtes de médicaments, tissus ensanglantés, bouteilles d’eau vides, une chambre à coucher avec quelque 25 morts sur des lits, le sol couvert d’une épaisse couche de fluides corporels divers. Quelques autres sont visibles dans un couloir voisin.

Au sous-sol, la morgue présente un spectacle encore pire. Les compartiments réfrigérés, les couloirs, les salles sont pleines de corps posés çà et là. L’atmosphère est trouble, comme enfumée par les gaz de décomposition.

Selon Mohammed Younes, étudiant en médecine dentaire reconverti en infirmier, de nombreux autres cadavres ont déjà été évacués. « Nous n’avions pas le choix, ils sont morts par centaines ces derniers jours », confie-t-il, atterré.

« C’est un désastre. Il n’y a plus de médicaments dans l’hôpital, plus de personnel médical. Tous sont partis par peur des snipers », ajoute l’étudiant.

Abdel Abdelrahman, un infirmier, est resté enfermé dans le bâtiment depuis samedi, avec un autre infirmier et un seul médecin. Il a vu mourir sous ses yeux un nombre de patients -civils, soldats loyalistes ou combattants rebelles- qu’il n’arrive pas à estimer, par manque de médicaments, d’équipements (oxygène, bandages…), d’électricité et tout simplement de soins. Impossible de s’occuper correctement de tout le monde à trois.

« Depuis le 20 juillet, il y avait des snipers partout dans l’hôpital, qui tiraient sur tous ceux qui s’approchaient. On a été libérés hier soir », explique-t-il, le regard au-delà de l’épuisement. Lorsqu’on lui demande comment il se sent aujourd’hui, il ne répond pas.

AFP_____________________

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