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Il semblerait que ce soit finalement une conjonction de pressions demandant son départ qui soit à l’origine du départ brutal et sans les honneurs du royaume de l’ancien patron de la compagnie nationale, Royal Air Maroc, Driss Benhima, ce technocrate hors pair, encensé jusqu’à peu pour avoir réussi le redressement et le sauvetage de son entreprise, a appris son éviction à Laayoune où il s’attendait en vain à faire partie des personnalités devant accueillir le roi à l’aéroport.
Celui qui était devenu l’un des plus emblématique dirigeant d’entreprises publiques après avoir été également ministre et wali a ainsi payé très cher deux épreuves de force avec deux hommes d’affaires influents et non des moindres. Il y a eu tout d’abord son bras de fer avec le Aziz Akhanouch, le milliardaire et ministre propriétaire de la société de distribution de carburant « Afriquia » dont Benhima a voulu mettre fin au monopole du marché du kérosène dans les aéroports en raison des prix pratiqués jugés excessifs. Puis il y a eu un autre bras de fer avec un autre milliardaire, Bensalah dont la compagnie aérienne « Air Arabia » voulait venir concurrencer la RAM au Sénégal, une concurrence à laquelle s’est farouchement opposé Benhima.
Au final, il aura perdu ses combats contre ces deux poids lourds de l’économie nationale et surtout son poste alors que son départ était programmé pour avoir atteint l’âge de la retraite. Dépité par la manière dont il a été remercié, le patron de la RAM depuis des années a quitté le Maroc aussitôt après la passation de pouvoir pour regagner la France dont il a la double nationalité.
Par Jalil Nouri

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