Trois semaines pour sauver la zone euro, les solutions se font attendre

Trois semaines pour sauver la zone euro, les solutions se font attendre

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Réunis dimanche à Berlin pour un nouveau sommet de crise, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont promis « des réponses durables, globales et rapides avant la fin du mois », sans toutefois en définir les contours.

Objectif affiché: arriver au sommet du G20 des principaux pays riches et émergents, présidé par la France à Cannes (sud-est de la France) les 3 et 4 novembre, avec une Europe « unie » qui ait résolu ses problèmes.

« Attention, l’absence d’engagements forts tout de suite risque de décevoir », préviennent lundi les analystes du Crédit mutuel CIC.

 

Les réponses attendues portent notamment sur la recapitalisation des banques européennes, dont le principe a été acté après deux mois de tergiversations.

Cette décision a soulagé les marchés financiers, qui tentaient lundi de poursuivre le rebond entamé en fin de semaine dernière.

L’euro s’est aussi nettement repris grâce aux engagements franco-allemands.

Berlin a tardivement rallié Paris à une décision de principe sur la recapitalisation. Au-delà, les deux premières économies de la zone euro ont annoncé qu’elles proposeraient des « modifications importantes » des traités européens, un renforcement ultérieur du Fonds européen de stabilité financière (FESF), et une « solution durable » pour la Grèce.

Les Européens doivent donc revoir leur copie, trois mois seulement après avoir concocté, le 21 juillet, un plan global censé résoudre la crise grecque et endiguer sa propagation à l’Italie ou l’Espagne.

Ce plan n’a même pas encore été adopté par l’ensemble des parlements des Dix-Sept: si le feu vert de Malte est attendu ce lundi, le vote mardi de la Slovaquie, dont la coalition au pouvoir est divisée sur ce sujet, risque de se transformer en veto qui paralyserait la zone euro.

« Le contenu reste flou » sur les futures solutions, déplore le Crédit mutuel CIC. « Nous ignorons toujours comment les Européens comptent recapitaliser les banques et surtout s’ils souhaitent toutes les recapitaliser afin d’éviter que certaines ne soient stigmatisées », ce qui ne serait « pas adapté », ajoute-t-il.
Bien que Paris et Berlin clament leur convergence de vues sur tout, aucun compromis n’a été annoncé sur le recours au FESF pour recapitaliser les banques, une solution qui plait à la France mais pas à l’Allemagne.

De même, la réforme des traités n’a pas été détaillée et risque de se heurter à des résistances. Et la modification technique du FESF, afin qu’il ait une plus grande force de frappe, semble aussi opposer le couple franco-allemand: contre l’avis de Berlin, Paris souhaiterait le transformer en banque pour qu’il puisse se refinancer auprès de la Banque centrale européenne.

Surtout, aucune solution claire n’a été énoncée pour la Grèce, l’épicentre de la crise. Même si des signaux de plus en plus évidents indiquent que l’on se dirige vers un effacement beaucoup plus substantiel de sa dette que prévu jusqu’ici – d’où la nécessité de recapitaliser les banques, qui essuieront des pertes plus importantes.

Selon l’économiste Holger Schmieding de la banque allemande Berenberg, « trois options » restent possibles pour la Grèce: soit, « dans l’idéal », ses créanciers privés acceptent d’accroître leur contribution; ou bien « l’Europe peut tenter d’organiser un défaut de paiement » en évitant la propagation de la crise; ou, enfin, elle fait face « à un défaut incontrôlé », une option « peu probable mais pas impossible ».

La réunion des grands argentiers du G20, vendredi et samedi à Paris, puis le sommet européen des 17-18 octobre et enfin le rapport des bailleurs de fonds publics de la Grèce, attendu à la fin du mois, seront autant d’étapes cruciales.

L’Europe se sait observée par ses partenaires, des Etats-Unis, qui font pression pour qu’elle résolve ses problèmes, aux pays émergents. La Russie s’est dite prête lundi à aider la zone euro si elle définit « une stratégie claire et concrète de sortie de crise ».

AFP_________________

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