Maison A la une Trump émet un avertissement, mais continue d’honorer l’accord avec l’Iran

Trump émet un avertissement, mais continue d’honorer l’accord avec l’Iran

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Le président Donald Trump a évité vendredi de renverser l’accord nucléaire avec l’Iran qu’il a dénoncé à plusieurs reprises, acceptant de renoncer aux sanctions clés que les États-Unis ont levées dans le cadre de l’accord.

Trump a averti  dans une déclaration que la dérogation, qui doit être émise tous les 120 jours pour empêcher les sanctions de revenir, sera la dernière et il a lancé un ultimatum aux alliés européens vendredi: « Corriger les défauts désastreux de l’accord, ou les Etats-Unis se retireront.  »

Trump a couplé son annonce de renonciation avec de nouvelles sanctions sur 14 individus et entités iraniens qui ont commis des violations des droits de l’homme ou ont soutenu les programmes de missiles balistiques du pays, qui sont en dehors de la portée de l’accord nucléaire. Beaucoup de ces sanctions – dont une visant le pouvoir judiciaire iranien – étaient en réponse à la répression par le gouvernement iranien des manifestations pacifiques qui ont balayé le pays ces dernières semaines.

« C’est la dernière chance ». Le président américain a confirmé la suspension des sanctions économiques contre l’Iran levées dans le cadre de cet accord conclu avec Téhéran et les autres grandes puissances (Chine, Russie, France, Allemagne et Royaume-Uni). Mais la Maison-Blanche a prévenu qu’il s’agit « de la dernière suspension qu’il va signer ». « C’est la dernière chance », a lancé Donald Trump dans un communiqué, exigeant un « accord » avec les Européens pour « remédier aux terribles lacunes » du texte, dont il est un grand pourfendeur alors que tous les autres signataires le défendent mordicus car il est censé empêcher l’Iran de se doter de l’arme atomique.

120 jours pour trouver une entente. « En l’absence d’un tel accord » avec les Européens, les États-Unis réimposeront les sanctions liées au nucléaire iranien, a-t-il prévenu, ce qui signerait la mort immédiate du pacte conclu il y a deux ans et demi à Vienne. « Et si à tout moment j’estime qu’un tel accord n’est pas à notre portée, je me retirerai de l’accord » de 2015 « immédiatement », a-t-il menacé. Concrètement, cela laisse 120 jours, jusqu’à la prochaine échéance de suspension des sanctions, pour trouver une entente avec les Européens sur « un accord de suivi » visant à durcir les conditions du texte initial, a expliqué un haut responsable de l’administration américaine. Et ce, sans inclure dans le processus les Iraniens, pourtant signataires de l’accord de Vienne.

Donald Trump, qui juge que le pacte de 2015, conclu par l’administration de son prédécesseur démocrate Barak Obama, n’est pas assez sévère avec Téhéran, avait refusé mi-octobre de « certifier » devant le Congrès américain que le régime iranien en respectait les termes. Mais jusqu’ici, cette « non-certification » est restée symbolique et n’a pas entraîné le retour des sanctions américaines.

Pour l’Iran, l’accord n’est pas « renégociable ». Dans un message sur son compte Twitter, le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, estime que le président américain ne fait que se livrer « à des tentatives désespérées de saper les fondements d’un accord multilatéral solide », et que celui-ci n’est pas « renégociable ».

Sanctions contre le chef de l’Autorité judiciaire. S’il a accepté, à contre-cœur, de signer une « dernière » fois leur suspension, le président américain a aussi choisi de maintenir la pression sur le régime iranien en imposant de nouvelles sanctions ciblées non liées au programme nucléaire. Le Trésor américain a ainsi sanctionné vendredi quatorze personnes ou entités iraniennes pour des « violations des droits de l’homme » ou en lien avec le programme balistique controversé de Téhéran. Ces sanctions visent en premier lieu le chef de l’Autorité judiciaire Sadegh Amoli Larijani. Selon un autre haut responsable de l’administration Trump, sa présence sur la liste des personnes sanctionnées « aura des conséquences politiques sérieuses » car cela revient à frapper « le sommet du régime », mais les États-Unis assument ce « message fort ».

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