Tuerie en Afghanistan: attaque contre une délégation afghane, un soldat tué

Tuerie en Afghanistan: attaque contre une délégation afghane, un soldat tué

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Dans l’est du pays, des centaines de personnes ont brièvement défilé aux cris de « Mort à l’Amérique ! » à Jalalabad, une première manifestation depuis la tuerie qui fait craindre une nouvelle vague d’émeutes anti-américaines après celles, meurtrières, provoquées en février par l’incinération de Corans.

Le président américain Barack Obama a assuré mardi que le soldat responsable de la tuerie serait jugé « avec toute la sévérité de la loi », dans une intervention diffusée en direct par les chaînes de télévision américaines.
Il s’est malgré tout dit confiant dans les capacités des Etats-Unis d’atteindre leur objectif d’un retrait progressif d’Afghanistan et de démantèlement d’Al-Qaïda.

En revanche, le sénateur républicain John McCain a estimé mardi que la mission américaine en Afghanistan était « compromise » en raison des annonces répétées de M. Obama à propos d’un retrait des forces américaines, qui encouragent les talibans à poursuivre leur combat, ce qui, « d’un point de vue militaire, implique des risques bien plus élevés ».

La délégation afghane a été attaquée dans le district de Panjwayi, bastion taliban de la province de Kandahar où, dimanche avant l’aube, un soldat américain de la force de l’Otan (Isaf) avait quitté lourdement armé sa base et abattu les occupants de trois maisons de villages alentours, dont neuf enfants et trois femmes, avant de brûler leurs corps, de revenir à la base et de se rendre.
« Au moins un ennemi s’était caché. Il a ouvert le feu lorsque la délégation est arrivée. Un soldat a été tué et un policier blessé », a déclaré le porte-parole du ministère afghan de l’Intérieur, Sediq Sediqqi.
Par le terme d' »ennemi », les autorités désignent habituellement les talibans, chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale menée par les Etats-Unis et qui combattent depuis le gouvernement de Kaboul et ses alliés de l’Otan. Lundi, les rebelles avaient juré de venger « chacun des morts » tués dimanche par « les sauvages malades mentaux américains ».

Selon un correspondant de l’AFP sur place, les tirs ont duré environ dix minutes. Deux frères du président Hamid Karzaï se trouvaient dans cette délégation venue de Kaboul, en compagnie de plusieurs responsables provinciaux.

Une partie de la délégation est restée sur place pour enquêter sur le massacre, a indiqué un de ses membres.

A Jalalabad, principale ville de l’est afghan, quelque 400 étudiants ont défilé mardi pendant deux heures dans le calme avant de se disperser sans incidents.
« Le jihad (guerre sainte) est le seul moyen de bouter les envahisseurs américains hors d’Afghanistan », pouvait-on lire sur une des nombreuses pancartes brandies par la foule.

A Washington, le département d’Etat a expliqué que les Etats-Unis restaient « préoccupés » par la possibilité que la tuerie déclenche un mouvement de protestation semblable à celui qui avait suivi l’incinération des Corans par des soldats américains fin février dans leur base de Bagram, au nord de Kaboul.

Cet acte, jugé blasphématoire, avait déclenché de violents rassemblements anti-américains qui avaient fait près de 40 morts dans le pays.

Les manifestants de Jalalabad ont notamment réclamé que le coupable du massacre soit jugé publiquement en Afghanistan, comme le Parlement afghan l’avait « fermement demandé » aux Américains la veille.

Washington y a opposé une fin de non recevoir, indiquant que le soldat serait poursuivi par la justice militaire américaine. Il encourt la peine de mort en cas de condamnation, a précisé le secrétaire à la Défense Léon Panetta.

Le Pentagone a dit privilégier la piste d’un acte isolé dont les motivations restent à établir.

Cette équipée meurtrière risque de compliquer encore plus les difficiles négociations en cours entre Washington et Kaboul sur les modalités de la présence américaine en Afghanistan après 2014, date à laquelle la force de l’Isaf (130.000 soldats dont 90.000 américains) dirigée par les Etats-Unis prévoit d’avoir retiré toutes ses troupes de combat du pays.

Face à la récente multiplication des difficultés, certains dirigeants occidentaux ont évoqué la possibilité d’un retrait anticipé, en dépit de la faiblesse du gouvernement de M. Karzaï.

Dans une tribune commune publiée mardi par le Washington Post à l’occasion d’une visite du Premier ministre britannique David Cameron aux Etats-Unis, MM. Obama et Cameron se disent « fiers des progrès réalisés » en Afghanistan pour « démanteler Al-Qaïda, briser l’élan des talibans et entraîner les forces afghanes ».
« Mais comme le rappellent les événements récents, cela reste une mission difficile. Nous rendons hommage aux sacrifices de nos forces, et en leur nom, nous poursuivrons notre mission », ajoutent-ils.

AFP______________

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