Tunis: manifestation et nouvelles victimes

Tunis: manifestation et nouvelles victimes

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Le Dr Farès Belhassen, chirurgien, a déclaré à l’Associated Press avoir dénombré à l’hôpital Charles Nicolle 10 morts et une cinquantaine de blessés atteints par balles. De son côté, un surveillant de l’hôpital de Khéreddine, dans la banlieue nord de Tunis, a fait état de trois morts et de six blessés lors d’affrontements au Kram, une localité proche.

Ces nouvelles violences se sont produites avant et pendant que le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali prononçait à la télévision un discours appelant à l’arrêt de la violence et promettant plus de libertés publiques. Depuis le début des troubles, le 17 décembre, le bilan établi par le gouvernement s’élevait jusqu’ici à 23 morts, tandis que la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH) en recensait jeudi 66.
La troisième intervention télévisée du président Ben Ali depuis le début du mouvement de contestation ne semblait pas vendredi avoir calmé la rue. Plus de 10.000 manifestants se sont ainsi rassemblés à l’occasion de la grève générale décrétée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans la région du grand Tunis.

Partie de la place Mohamed Ali, la manifestation a parcouru l’avenue Habib Bourguiba, principale artère de la capitale. Débordant les cordons de police placés en cours de chemin, les manifestants sont parvenus à atteindre, pour la première fois dans les annales, le siège du ministère de l’Intérieur où ils se sont rassemblés face à un dispositif de sécurité renforcé qui cernait le bâtiment.

Maya Jridi, secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (PDP/opposition), a exigé la mise en place d’un « gouvernement de coalition nationale ».
« La voie de la liberté est entamée. Les Tunisiens ouvrent la voie pour la dignité, pour la liberté, pour la justice », a-t-elle déclaré à l’Associated Press Television News (APTN) lors de la manifestation. « On ne peut plus continuer à gouverner le pays de cette manière, il faut absolument un gouvernement de coalition nationale, il faut absolument un Parlement réellement représentatif de la population ».

Les manifestants ont chanté l’hymne national et scandé des slogans réclamant « la liberté et un gouvernement national » et le départ du président Ben Ali.
Après trois semaines de troubles violents, le président Ben Ali a promis jeudi soir à la télévision d’accroître le pluralisme politique, la liberté de la presse et d’internet, et de faire baisser les prix des produits alimentaires de base. Il a également annoncé qu’il ne briguerait pas de nouveau mandat.

La Tunisie est le théâtre de vives contestations depuis le suicide d’un vendeur ambulant diplômé de 26 ans le 17 décembre à Sidi Bouzid (centre). Le mouvement s’est depuis propagé à plusieurs régions du pays, atteignant mercredi le centre de Tunis.

 

 

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