Tunis: violents affrontements la nuit en banlieue malgré le couvre-feu

Tunis: violents affrontements la nuit en banlieue malgré le couvre-feu

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Ces témoins ont fait état de dégâts importants notamment dans des bâtiments publics qui ont été partiellement incendiés.

Aucun bilan éventuel de ces violences n’était immédiatement disponible, et les forces de sécurité avaient quitté cette zone jeudi matin.

Les affrontements se sont produits dans les cités d’Ettadhamen et Intilaka, où vivent quelque 30.000 habitants, à environ 15 km du centre de Tunis.
« Toute la nuit, on a entendu des tirs, des cris et des bruits de casse », a déclaré à l’AFP une infirmière.
Elle a expliqué que « les incidents ont démarré hier après-midi pendant un rassemblement qui a ensuité dégénéré en affrontements violents entre forces de sécurité et des jeunes ».
Des colonnes de fumée s’échappaient encore jeudi matin de deux bâtiments et les pompiers étaient à l’oeuvre pour éteindre l’incendie.

Plusieurs bâtiments municipaux ont été partiellement endommagés et deux voitures ont été incendiées devant les locaux de la sous-préfécture.

Des commerces et une pharmacie de nuit ont également été endommagées et les rues étaient jonchées de débris, a constaté l’AFP.

Des habitants se sont déclarés « ahuris » par l’ampleur des dégâts dans cette banlieue de Tunis où des panneaux ont été arrachés, des abris de bus détruits, un bus incendié et où des pneus encore fumants traînaient sur la chaussée.

Les autorités tunisiennes ont imposé un couvre-feu nocturne pour une durée illimitée, la première mesure de ce genre depuis l’arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali en 1987.

Les forces de l’ordre ont quadrillé la capitale tunisienne, dont les rues sont restées vide de mercredi 20H00 (19H00 GMT) à jeudi 05H30 (04H30 GMT).

Mercredi, des manifestants et des forces de l’ordre s’étaient violemment affrontés pour la première fois dans le centre de Tunis et trois civils ont été tués en province dans un contexte de contestation du régime qui a déjà fait des dizaines de morts depuis un mois en Tunisie.

A Douz, dans le sud du pays, deux civils ont été tués par des tirs de la police lors d’une manifestation ayant dégénéré, a indiqué un témoin à l’AFP. L’une des victimes était professeur d’informatique à l’Université de Technologie de Compiègne (nord de la France).

Selon un témoin et sa famille, cet enseignant « serait franco-tunisien », a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères.
« Il serait franco-tunisien et nous poursuivons les recherches pour confirmer ce fait et sa mort », a ajouté le ministère. « Il était en Tunisie dans le cadre d’un échange universitaire avec un établissement d’enseignement à Gabès (sud-est de la Tunisie) », a-t-on précisé de même source.

Si sa double nationalité et son décès sont confirmés, il s’agirait du premier tué français depuis le début de la crise en Tunisie.
AFP

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