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Tunisie: 56 détenus en grève de la faim, 3 dans un état inquiétant

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« Le nombre total de grévistes est de 56. Trois sont dans un état plus ou moins inquiétant », a déclaré M. Saihi, quelques heures après l’annonce du décès d’un deuxième militant islamiste ayant mené une longue grève de la faim pour protester contre sa détention.

Les trois détenus dans un état inquiétant ne s’alimentent plus depuis le 17 octobre, et deux d’entre eux « ont dit qu’ils allaient accepter d’arrêter » samedi leur grève, a assuré M. Saihi.

Des « négociations » sont en cours avec les détenus grévistes et le ministère consulte « des associations de la société civile, les proches et les parents » des prisonniers pour tenter de les convaincre de s’alimenter, a-t-il ajouté.

La majorité des 56 détenus en grève de la faim, dont certains n’appartiennent pas à la mouvance islamiste radicale, ont débuté leur mouvement entre le 9 et 16 novembre. Une dizaine d’entre eux ne boivent que de l’eau « et leur corps ne pourra tenir que de 10 à 13 jours », a précisé M. Saihi.
Les autres ingèrent un minimum d’aliments, du sucre par exemple, ce qui pourrait faire durer leur action plus longtemps, a ajouté le responsable.

Deux militants sont déjà morts, l’un jeudi et l’autre samedi, après près de deux mois de grève de la faim pour réclamer leur libération. Ils avaient été arrêtés dans le cadre de l’enquête sur l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis le 14 septembre.

L’avocat des deux hommes, Abdelbasset Mbarek, a pour sa part affirmé que 300 à 400 détenus avaient engagé une grève de la faim en solidarité avec les deux défunts.
« Ce n’est pas vrai du tout », a réagi M. Saihi, appelant l’ensemble de la société civile, l’opposition et le gouvernement à se mobiliser « pour préserver la justice des pressions » de ce type tout en « protégeant l’être humain et la vie des grévistes ».

Le responsable a aussi rappelé que seuls les différents juges en charge des dossiers des prévenus, et non le ministère de la Justice, avaient le pouvoir de libérer les détenus, « leur seule revendication ».
De plus, les médecins qui suivent les grévistes de la faim se refusent à les nourrir de force en vertu de l’article 13 de la Déclaration de Malte adoptée par l’Association médicale mondiale (AMM), a souligné M. Saihi.

Selon ce texte, « l’alimentation forcée n’est jamais acceptable. Même dans un but charitable, l’alimentation accompagnée de menaces, de coercition et avec recours à la force ou à l’immobilisation physique est une forme de traitement inhumain et dégradant ».

AFP

 

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