Tunisie: Ben Ali condamné à 15 ans et demi ferme par contumace

Tunisie: Ben Ali condamné à 15 ans et demi ferme par contumace

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Le chef de l’Etat déchu, en fuite en Arabie Saoudite avec son épouse Leïla Trabelsi depuis la mi-janvier, était jugé par la chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis pour « détention de stupéfiants à l’usage de consommation »; « acquisition, importation et trafic de stupéfiants »; « aménagement et exploitation d’un local pour le stockage et l’usage de stupéfiants »; « détention d’armes et de munitions »; et « non-déclaration de possession de pièces archéologiques ».

Lors du premier procès qui avait eu lieu le 20 juin, Ben Ali et son épouse Leïla Trabelsi avaient été condamnés à 35 ans de prison ferme chacun et 91 millions de dinars (environ 45 millions d’euros) d’amende pour détournement de fonds et malversations.

Le deuxième procès a débuté lundi par un coup d’éclat des avocats de la défense, qui se sont retirés après le rejet de leur demande de report, a constaté un journaliste de l’Associated Press. En quittant la salle, Mes Hosni Béji et Béchir Mahfoudhi ont été conspués par le public aux cris de « Dégage! ».

« Bon débarras! Vous auriez mieux fait de défendre les victimes de Ben Ali au lieu de vous faire les avocats d’un tortionnaire », a lancé dans l’assistance Ali Laayouni, exaspéré.

Pour ce jeune diplômé au chômage, qui a fait le déplacement de Regueb, une des villes du centre-ouest à la tête du soulèvement qui a eu raison du régime Ben Ali à la mi-janvier, ce procès est « une pièce de théâtre ». « C’est nous qui avons payé le prix fort de la révolution et consenti de nombreux martyrs, et voilà que d’autres montent au devant de la scène pour récupérer notre révolution », s’est-il insurgé.

Le représentant du parquet, Makram Médiouni, a demandé à la cour de procéder au jugement après avoir constaté l’absence de l’accusé mais l’un des avocats de la défense, Me Béji, a sollicité un report d’audience. Il a souhaité disposer d' »un délai suffisant pour prendre contact avec son client et tenter de le convaincre de se présenter devant le tribunal » afin « d’assurer les garanties d’un procès équitable ». Ayant essuyé un refus, il a quitté la salle avec son collègue.

Après une brève suspension, l’audience a repris avec la lecture de l’acte d’accusation et le réquisitoire du représentant du parquet. « Les preuves des accusations (de détention de stupéfiants et d’armes) sont avérées », a-t-il dit, citant les témoignages de l’ancien chef de la garde présidentielle, Ali Sériati, et d’un des gardes du corps de l’ex-président, ainsi que la saisie de 60 objets archéologiques « d’une valeur historique inestimable ».

« Le président déchu à pillé les ressources du pays et trahi la confiance du peuple », a-t-il accusé en requérant « la peine la plus sévère » au motif qu’un tel verdict « servira de leçon et de message dissuasif pour que de tels délits ne se reproduisent plus ».

L’avocat libanais de l’ex-président tunisien, Me Akram Azoury, a de son côté publié un communiqué pour réfuter une nouvelle fois les accusations portées contre son client et dénoncer une procédure « juridiquement inexistante car elle viole pratiquement tous les critères du procès équitable ». Il a en outre souligné que l’ex-président tunisien avait « fait « objection (…) à sa représentation par des avocats qu’il n’a pas lui-même désignés ».

« C’est tout simplement une continuation de la campagne de dénigrement politique tendant à diaboliser le président Zine el Abidine ben Ali et à le présenter à l’opinion publique comme étant un trafiquant de devises, de drogue et d’armes », a estimé Me Azoury.

Zine el Abidine ben Ali se trouve depuis le 14 janvier en Arabie Saoudite, où il a fui à la suite d’un soulèvement populaire, après un règne sans partage de 23 ans.

AFP________________________

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