Tunisie: le pouvoir sommé de répondre aux urgences sociales

Tunisie: le pouvoir sommé de répondre aux urgences sociales

286
0
PARTAGER

Jeudi, une Tunisienne s’est immolée par le feu devant le gouvernorat de Monastir, ville natale du père de l’indépendance tunisienne Habib Bourguiba à 160 km au sud-est de Tunis, a annoncé l’agence officielle TAP.

 

Cette femme, qui « éprouvait des difficultés à obtenir des médicaments pour son mari atteint d’un cancer » selon sa soeur citée par l’agence TAP, « souffre de brûlures au troisième degré » et est dans un état « jugé grave ».

La révolte qui a emporté le 14 janvier le régime du président Zine el Abidine Ben Ali avait démarré le 17 décembre avec l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid (centre-ouest), un jeune vendeur de fruits et légumes qui venait de se faire confisquer son étal par une policière.

Dans la matinée, l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) avait prévenu qu’il était « de l’intérêt du gouvernement d’engager rapidement des négociations avec la centrale syndicale » face à une « situation sociale explosive ».

Abid Briki, un des dirigeants et porte-parole de l’UGTT, réagissait à la déclaration du président intérimaire, Foued Mebazaa, qui a annoncé mercredi soir l’ouverture « prochainement » de « négociations sociales à l’échelle nationale », peu après avoir été investi par le Parlement de pouvoirs de crise.
Depuis plusieurs jours, les signaux d’alarme sont au rouge.

Dans tout le pays, des grèves organisées ou spontanées ralentissent l’économie et la grogne sociale continue de monter dans les catégories les plus défavorisées de la population.
Parallèlement, la situation sécuritaire reste tendue en province, où l’armée est déployée pour suppléer à l’absence totale de la police, bras armé du régime déchu et dont la population se méfie.
Des pillages ont été signalés ces derniers jours à Jendouba (nord-ouest) et dans la ville voisine du Kef, un groupe d’agents de sécurité accusés d’être impliqués dans la flambée de violences du week-end dernier a été arrêté, selon l’agence TAP.
« Il y a des réponses immédiates que le gouvernement peut apporter, à savoir la titularisation des centaines de milliers de contractuels qu’il faut intégrer dans les entreprises », a affirmé à l’AFP Abid Briki, qui réclame également la création d’une caisse de chômage.

Le syndicaliste a reconnu que la puissante UGTT était désormais « débordée face à l’agitation sociale ».
Pour la centrale, l’enjeu est aussi de parvenir « à endiguer la grogne dans des secteurs ou entreprises dont l’UGTT a été chassée et remplacée par des cellules » du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), tout puissant parti au pouvoir sous Ben Ali.
« Dans ces entreprises où des grèves spontanées ont été déclenchées, nous tentons d’organiser un retour en force de nos représentants et d’occuper le terrain », a-t-il déclaré.

Marginalisée et divisée sous Ben Ali, l’UGTT a retrouvé un rôle de premier plan lors de la révolte qui a conduit à la chute de l’ex-président. Mais sa direction est contestée par un courant de gauche qui organise épisodiquement des rassemblements devant ses locaux à Tunis pour réclamer son départ en l’accusant de « composer » avec le gouvernement transitoire.

Cherchant à se bâtir une légitimité, le gouvernement multiplie les contacts avec l’étranger, cherchant à rassurer quant à sa détermination à réformer et à faire revenir les touristes, première source de devises du pays.

Le Premier ministre Mohammed Ghannouchi a ainsi indiqué jeudi à la chancelière allemande Angela Merkel lors d’un entretien téléphonique que son gouvernement organiserait « prochainement une conférence internationale (…) à Carthage » pour discuter du processus de réformes économiques et politiques, selon un communiqué de la chancellerie à Berlin.
AFP

_____________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

 

Commentaires