Tunisie: Paris n’a « pas pris la juste mesure » de la « désespérance » déclare...

Tunisie: Paris n’a « pas pris la juste mesure » de la « désespérance » déclare Sarkozy

186
0
PARTAGER

« Derrière l’émancipation des femmes, l’effort d’éducation et de formation, le dynamisme économique, l’émergence d’une classe moyenne, il y avait une désespérance, une souffrance, un sentiment d’étouffement dont, il nous faut le reconnaître, nous n’avions pas pris la juste mesure », a dit le président.
« C’est un peuple frère qui a décidé de reprendre en main son destin. Quand on est si proche, quand les destinées individuelles et collectives sont tellement imbriquées, on n’a pas toujours le recul nécessaire pour comprendre les sentiments de l’autre », a ajouté le président français, accusé d’avoir trop longtemps soutenu l’ex-président tunisien Ben Ali alors que la répression des manifestations faisaient des dizaines de morts.
Mais, a-t-il dit lors d’une conférence de presse, « il faut trouver le juste équilibre » dans le positionnement de la France vis-à-vis de ses ex-colonies. « La puissance coloniale est toujours illégitime à prononcer un jugement sur les affaires internes d’une ex-colonie », a-t-il dit. « Donc je revendique une certaine réserve: je ne veux pas que la France soit assimilée à un pays qui a gardé des réflexes coloniaux », a-t-il dit.
« Le président de la République française doit tenir compte du poids de l’histoire dans le jugement qu’il porte sur l’évolution de chacun de ces pays » qui sont d’ex-colonies, a-t-il expliqué. « Je revendique cette réserve, ce recul, spécialement sur l’Algérie mais pas seulement ».
Nicolas Sarkozy a défendu sa ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie, assurant qu’elle avait voulu « éviter qu’il y ait plus de drames » en Tunisie, même s’il a reconnu que ses propos controversés du 11 janvier ont pu prêter à « polémique ».
Interrogé par un journaliste sur l’offre de coopération policière de Michèle Alliot-Marie au régime tunisien de Zine El Abidine Ben Ali, trois jours avant sa chute, le chef de l’Etat français a répondu que sa ministre « n’avait pas la volonté, en quoi que ce soit, d’assurer quelque sentiment défavorable aux manifestants, mais simplement d’éviter qu’il y ait plus de drames ».
Devant les députés le 11 janvier, trois jours avant la fuite du président Ben Ali sous la pression de la rue, Mme Alliot-Marie avait proposé « le savoir-faire » français à la police tunisienne pour « régler les situations sécuritaires ».
Ces propos ont été dénoncés notamment par l’opposition, dont plusieurs membres ont réclamé la démission de la ministre.
« La forme a pu porter à polémique, j’essaie de me tenir éloigné des polémiques, les intentions, elles, étaient tout à fait transparentes », a poursuivi le président français lors d’une conférence de presse à l’Elysée. « Sans doute nous avons sous-estimé, nous la France, cette aspiration de nos amis tunisiens à la liberté », a-t-il reconnu.

 

AFP

Commentaires