Typhon Bopha aux Philippines : les régions dévastées en état d’urgence

Typhon Bopha aux Philippines : les régions dévastées en état d’urgence

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« Il était à peu près 5h du matin quand une énorme pluie et un vent puissant se sont abattus sur New Bataan. Soudain, deux heures plus tard, un torrent boueux est descendu de la montagne. Il a arraché toutes les maisons autour d’ici et beaucoup de gens sont morts. » Au pied de l’habitation en béton à deux niveaux de Maria Linda Salona, qui s’élève désormais, solitaire, au milieu des ruines, s’étendait un quartier. Il a donné place à une rivière encombrées de rocs et de troncs de palmiers déracinés.

Une centaine de voisins ont cherché refuge chez elle ce funeste matin, parmi lesquels Maria Lizon. « Quand j’ai senti que l’eau commençait à monter, raconte-t-elle, je suis sortie de la maison. Courbée sous la pluie, je suis parvenue jusqu’ici avec mes trois enfants. »

Maria Lizon a eu beaucoup de chance, car ceux qui ont été happés par le torrent n’ont pas survécu, sauf une poignée d’entre eux, comme Renalte, un jeune homme d’une vingtaine d’années qui se remet de ses blessures à l’hôpital régional de Davao. « Les arbres tombaient, dit-il. Quand nous sommes sortis de la maison nous avons vu un torrent de boue arriver sur nous. Mais il était trop tard. Nous n’avons pas eu le temps de courir, l’eau nous a emportés. Dans mon affolement, j’ai aperçu un grand tronc d’arbre et je l’ai enfourché. J’ai été emporté par le courant sur 10 kilomètres avant qu’il se tarisse et j’ai pu marcher pour trouver de l’aide. »

Renalto est écorché sur tout le corps, mais miraculeusement, il n’a pas de fractures. Le docteur Ramos pense qu’il a dû avaler beaucoup de boue. Mais tous les blessés n’ont pas pu atteindre l’hôpital. Nombre d’entre eux demeurent isolés. « Nous essayons maintenant de mettre en place une équipe capable de se rendre sur les lieux. Car nous avons entendu dire qu’il y avait toujours des victimes qui descendaient des montagnes », assure Carlito Piliorin, le directeur administratif de l’hôpital régional de Davao.

La recherche des corps se poursuit. Soutenue par des chiens, l’armée suit la coulée de boue. Les dernières victimes découvertes sont enfouies et écrasées sous des débris. Leur retrait demande des heures de travail. L’odeur de cadavres envahit toute la ville, y compris le stade municipal, recouvert de 50 centimètres de boue, où le boxeur Manny Pacquiao est arrivé à bord de son hélicoptère rouge pour apporter des vivres aux habitants.

Les secours ne manquent pas cependant : le gouvernement, les autorités locales, les organisations nationales et internationales, la Corée du Sud et des personnes privées apportent chaque jour de l’aide d’urgence à New Bataan. Mais les habitants ne savent toujours pas où loger. Ils sont des milliers à dormir à même le sol dans le gymnase, dont les deux tiers du toit ont résisté aux vents de 175 km/h qui ont soufflé sur la ville.

La priorité du gouvernement est de restaurer l’électricité. Dans la vallée de Compostela, presque chaque poteau électrique est surmonté d’un homme au travail. Les nouveaux poteaux en béton s’élèvent au-dessus de plantations de bananiers coupés à 50 cm du sol et qui commencent déjà à montrer des pousses verts tendres.

Le long de la route, des grappes de personnes mendient. Contrairement aux habitants de New Bataan, ils ne reçoivent pas de secours en quantité suffisante. « Le gouvernement nous a donné un kilo de riz pour moi et mes cinq enfants et la province cinq kilo. Mais nous n’avons aucun revenu, ma maison a été emportée et j’ai besoin d’aide pour plusieurs mois car nous n’allons pas pouvoir refaire notre vie en un jour », se lamente une femme dont la maison a été emportée par la rivière.

rfi.fr/ actu-maroc.com

 

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