Ukraine: la police lance l’assaut contre le Maïdan, au moins 16 morts...

Ukraine: la police lance l’assaut contre le Maïdan, au moins 16 morts à Kiev

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Les policiers ont avancé et pris position autour du monument qui se trouve au milieu du Maïdan, peu après 04H00 du matin (02H00 GMT) après une pluie de grenades lacrymogènes et assourdissantes, a constaté mercredi un journaliste de l’AFP. Les tentes situées autour du monument ont pris feu les unes après les autres.

 

Les manifestants ripostaient en jetant des pavés.

Pour se protéger des forces de l’ordre, les contestataires ont dressé un mur de feu. Derrière ce rideau de flammes, des opposants, casqués, équipés de gourdins et de boucliers en métal semblables à ceux des policiers, formaient une première ligne de défense.
« Le centre de Kiev, le coeur de l’Ukraine est en flammes! Arrêtez-vous », a lancé un opposant aux policiers depuis la scène dressée sur le Maïdan, haut lieu de la contestation née de la volte-face pro-russe des autorités fin novembre au détriment d’un rapprochement avec l’Union européenne et qui s’est transformée en un rejet du régime du président Viktor Ianoukovitch.

Malgré les condamnations qui se sont multipliées sur la scène internationale, le président Viktor Ianoukovitch a refusé d’arrêter l’assaut et exigé que les manifestants évacuent la place du Maïdan, ont déclaré les leaders de l’opposition après l’avoir rencontré mardi soir.

Au moins quatre manifestants « ont été tués lors du ratissage du Maïdan », a déclaré à l’AFP Sviatoslav Khanenko, responsable des services médicaux de l’opposition. Le précédent bilan officiel, publié avant l’assaut, faisait état de cinq civils et sept policiers tués dans des affrontements qui embrasent Kiev depuis mardi matin.

Plusieurs étages de la Maison des Syndicats, transformée en QG des manifestants donnant sur le Maïdan, étaient en feu, a constaté un journaliste de l’AFP. Des opposants quittaient ce bâtiment et certains ont été évacués sur des brancards.

Équipés de porte-voix, les policiers avaient auparavant demandé aux femmes et aux enfants de quitter les lieux, évoquant le déclenchement d’une « opération antiterroriste ». Mais plusieurs milliers de contestataires ont refusé de bouger et ont alors entonné l’hymne national ukrainien.
« Le président nous a proposé de nous rendre. Nous resterons ici avec les manifestants », a déclaré l’un des leaders de l’opposition, Arseni Iatseniouk, à la télévision Kanal 5.
« C’est un îlot de liberté », a promis à la foule l’un des leaders de l’opposition, Vitali Klitschko. « Le pouvoir a déclenché une guerre contre son propre peuple », a asséné l’ancien champion de boxe.

- Assaut à Lviv -

Même des soutiens traditionnels du régime, comme l’oligarque Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine et le principal parrain du parti de M. Ianoukovitch, ont critiqué les événements en cours.
« Les victimes humaines du côté des manifestants et des forces de l’ordre sont un prix inacceptable pour des erreurs politiques », a déclaré M. Akhmetov dans un communiqué, appelant à « cesser l’effusion de sang ».
L’un des civils tués est un employé du Parti des régions du président Ianoukovitch, dont le corps a été retrouvé au siège de cette formation politique, pris d’assaut et brièvement contrôlé par les contestataires, qui l’ont partiellement incendié.
Les violences menaçaient de s’étendre au reste de l’Ukraine.
A Lviv, un bastion de la contestation dans l’ouest, les manifestants ont pris d’assaut les sièges de l’administration régionale et de la police, ainsi que de bâtiments militaires. A l’issue d’affrontements, quelque 5.000 manifestants ont pris le contrôle des dépôts d’armes.
Le procureur général Viktor Pchonka a promis mardi soir « les peines les plus sévères » pour les responsables et les instigateurs des violences.
Le pouvoir a aussi imposé une sorte d’état d’urgence qui ne dit pas son nom: le métro de Kiev a été fermé et les autorités ont annoncé que le trafic routier en direction de la capitale serait « limité » à partir de minuit, afin d’éviter « l’escalade des violences ».

- L’Occident inquiet -

De précédents heurts fin janvier avaient fait quatre morts et plus de 500 blessés.
La Russie a aussitôt condamné ce regain de violences, qu’elle a attribué à la politique des Occidentaux, qui « ferment les yeux sur les actes agressifs des forces radicales en Ukraine ».
Après avoir poussé Kiev à renoncer à un accord d’association avec l’UE, Moscou a octroyé à Kiev en décembre un crédit de 15 milliards de dollars dont elle a déjà versé 3 milliards et un rabais sur le prix du gaz. Elle a promis « cette semaine » une nouvelle tranche de 2 milliards de dollars à l’Ukraine au bord d’un défaut de paiements.
De son côté, le vice-président des Etats-Unis Joe Biden a appelé Viktor Ianoukovitch à retirer les forces de l’ordre des rues de Kiev et « à faire preuve de la plus grande retenue », soulignant « l’urgence d’un dialogue immédiat » avec les dirigeants de l’opposition.
Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon s’est dit lui « extrêmement inquiet ».
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a brandi la menace de « sanctions » de l’Union européenne contre des dirigeants ukrainiens.
Le département d’Etat américain a par ailleurs déconseillé mardi soir aux citoyens américains de voyager en Ukraine et a recommandé à ceux qui sont sur place d’éviter de s’approcher des lieux de manifestation.

AFP

 

 

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