Maison A la une Un blogueur algérien risque la peine de mort

Un blogueur algérien risque la peine de mort

1055
0
PARTAGER

Un blogueur algérien sera jugé jeudi pour « intelligence avec une puissance étrangère » et incitation au soulèvement contre l’Etat, crime passible de la peine de mort, a indiqué mercredi un de ses avocats.

Merzoug Touati est détenu depuis qu’il a été arrêté à Béjaia (260 km à l’est d’Alger) en janvier 2017, après avoir appelé sur son compte Facebook à protester contre la nouvelle loi de Finances et diffusé sur son blog un entretien vidéo avec un porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Son compte et son blog ont depuis été supprimés.

Il est accusé au titre de l’article 77-1 du Code pénal, qui punit de la peine de mort le fait « d’inciter les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’Etat », a expliqué l’avocat, Me Boubakeur Esseddik Hamaïli, à l’AFP.

Il est également accusé au titre de l’article 87-bis qui considère « acte terroriste ou sabotage, tout acte visant la sûreté de l’Etat (…) la stabilité et le fonctionnement normal des institutions ».

L’accusation lui reproche en outre d’avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », crime passible de 20 ans de prison.

Ces chefs « n’ont rien à voir avec les preuves ou le dossier d’instruction », a expliqué Me Hamaïli, précisant qu’il allait plaider l’acquittement lors du procès qui s’ouvre jeudi à Bejaia.

Le Parquet de Béjaia n’a pu être joint mercredi par l’AFP.

Selon son avocat, M. Touati a publié sur Facebook un simple appel « à la désobéissance civile ». En outre, a-t-il rappelé, son client, au chômage depuis sa sortie de l’université et « qui n’a jamais eu de poste à responsabilité en Algérie », n’était pas en mesure de détenir et de communiquer une quelconque information sensible à son interlocuteur israélien.

« Il n’y a aucun rapport entre les chefs d’accusation et la personnalité de Merzoug Touati », a assuré son avocat.

Son compte Facebook et son blog « ne contenaient ni incitation à la violence ni appel à la haine, et ses publications entraient dans le cadre de la liberté d’expression en lien avec son travail de journaliste citoyen », a indiqué pour sa part Amnesty international dans un communiqué.

« Il est absurde qu’un post exprimant une opinion pacifique sur Facebook puisse entraîner une condamnation à mort », a estimé Heba Morayef, la directrice pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient de l’ONG.

Commentaires