UN CONGRES A HAUTS RISQUES POUR L’USFP

UN CONGRES A HAUTS RISQUES POUR L’USFP

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Or ce qui risque de retenir l’attention et focaliser les esprits, c’est l’élection du chef du parti, élection qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices, car très disputée entre 5 candidats, 5 clans ou au moins 4 , qui tous partent favoris, qui tous ont une légitimité politique et qui tous ont des ambitions et un programme pour diriger leur formation. Des programmes qui se ressemblent et qui se réclament tous du legs du père fondateur après l’éloignement ces dernières années des principes et de la ligne idéologique d’un parti qui s’est érodé à cause de sa participation à plusieurs gouvernements en vertu d’une approche participationniste dictée par la transition démocratique amorcée par feu Hassan 2 et dont l’USFP s’est révélé un grand perdant en termes de bases électorales.

A la lumière des déclarations des candidats à la succession de Abdelouahad Radi, le parti semble regretter son supposé « fourvoiement » dans des alliances contre-nature et des reniements nourris d’ambitions personnelles qui lui ont valu de perdre son aura de formation militante et progressiste nourri au biberon de la gauche social-démocrate. L’USFP se regarde aujourd’hui dans un miroir et ne peut que constater amèrement son recul au sein des couches populaires jadis son bastion et son terreau naturelle. La force de l’USFP était dans son ancrage, elle l’ a perdu cette dernière décennie et il lui sera très difficile de reconquérir un électorat déçu et qui lui a tourné le dos pour aller à contre-courant , renforcer les effectifs islamistes du PJD, bien heureux de ce cadeau inattendu.

Il n’est pas sûr que le parti parviendra à remonter la pente et se refaire une nouvelle virginité avec un aussi lourd passif et un éloignement aussi important des bases. L’autre défi pour cette formation , c’est de la voir se doter d’un nouveau leadership sans dégâts collatéraux. Les préparatifs du congrès ont malheureusement donné un avant-goût des luttes intestines qui risquent d’hypothéquer ces assises avec des rebondissements à l’image de ce qui s’est passé lors du dernier congrès de l’Istiqlal et du passage en force de son nouveau chef, Hamid Chabat. Qui de Ahmed Zaidi, Habib Malki, Fathallah Oualalou, ou Driss Lachgar revêtira le costume de capitaine d’un navire qui n’a eu cesse de tanguer ces dernières années ? Le réponse n’est guère évidente et les horizons très incertains.

 

 

Jalil Nouri pour Actu-maroc.com ________________________

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