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Un grand scandale : la justice américaine dénonce la culture de la « corruption » à la FIFA

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La justice américaine s’attaque à « un système vieux de vingt-quatre ans destiné à s’enrichir grâce à la corruption dans le football international ». Même l’attribution de la Coupe du monde à l’Afrique du Sud était « corrompue », a indiqué, mercredi 27 mai, la ministre américaine de la justice, Loretta Lynch, à la veille de l’ouverture du 65e congrès de la Fédération internationale de football (FIFA).

Ce système aurait brassé jusqu’à 150 millions de dollars (137 millions d’euros) entre 1991 et 2015, indique avec précision le communiqué du département de la justice des Etats-Unis. Dans un texte de sept pages publié dans la matinée, la justice américaine détaille les chefs d’inculpation qui ébranlent neuf membres ou anciens membres de la puissante FIFA, ainsi que cinq dirigeants d’entreprise de marketing sportif liés à l’institution.

Les quatorze suspects se trouvent mis en cause par la justice américaine pour « faits de racket, escroquerie par voie électronique et blanchiment d’argent, entre autres infractions ». Sur décision de la cour fédérale de Brooklyn, à New York, sept de ces suspects ont déjà été arrêtés dans la matinée à Zurich (Suisse), où se tiendra du jeudi 28 au vendredi 29 mai le 65e congrès de la FIFA.

Six de ces sept responsables ont signifié aux policiers qu’ils s’opposaient à leur extradition vers les Etats-Unis, indique un communiqué du ministère suisse de la Justice. Le ministère va demander aux Etats-Unis de faire « parvenir des demandes formelles d’extradition à la Suisse dans un délai de 40 jours », selon le traité en vigueur entre les deux pays. Seul un suspect a indiqué donc dans son audition qu’elle était prête à se soumettre à l’extradition simplifiée.

La Coupe du monde 2010 dans le collimateur

Dans le même temps, mercredi matin a également été menée une perquisition à Miami, dans les locaux de la CONCACAF, ramification de la FIFA en charge du football en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Parmi les suspects figurent d’ailleurs l’actuel et l’ancien présidents de la CONCACAF, respectivement Jeffrey Webb et Jack Warner.

Menées en collaboration avec le Bureau fédéral d’enquête (FBI), les investigations de la justice américaine ont épinglé « deux générations de dirigeants officiels de football » qui auraient « abusé de leurs positions » avec la complicité de « dirigeants d’entreprises de marketing sportif sans scrupule » qui ont accepté d’« effectuer ces paiements illégaux ».

« La plupart de ces pots-de-vin et commissions occultes » sollicités et reçus par les dirigeants de la FIFA en question concernent « la commercialisation des droits média et marketing » de matchs ou de compétition. Tous les matchs concernés se situent en Amérique. Figurent ainsi dans le collimateur de la justice américaine :

– des éliminatoires de la Coupe du monde dans la zone CONCACAF
– des éliminatoires et des phases finales de la Coupe CONCACAF
– des matchs de clubs en Ligue des champions de la zone CONCACAF
– la Copa America, prévue en 2016 et organisée conjointement par la CONCACAF et le CONMEBOL, institution sud-américaine qui fêtera l’an prochain son centenaire
– des matchs de clubs en Copa Libertadores, équivalent sud-américain de la Ligue des champions
– des matchs de clubs en Coupe du Brésil, organisée par la CBF, fédération nationale en charge du football brésilien.

Le document de la justice américaine mentionne notamment la réception de pots-de-vin et de commission occultes « dans le cadre du parrainage de la CBF par une importante société américaine de vêtements de sport », sans toutefois citer l’équipementier sportif Nike, pourtant sponsor historique de la Seleçao.

Figure également dans le collimateur de la justice « l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2010 [attribuée en 2004] » à l’Afrique du Sud et « l’élection présidentielle de la FIFA » en 2011 qui avait entraîné le quatrième mandat du Suisse Sepp Blatter. Candidat vendredi 29 mai pour un cinquième mandat, le septuagénaire n’est toutefois « pas impliqué » par ces graves accusations, a martelé le porte-parole de la FIFA.

Le document de la justice américaine mentionne aussi la réception de pots-de-vin et de commission occultes « dans le cadre du parrainage de la CBF par une importante société américaine de vêtements de sport », mais aussi « l’attribution de l’organisation de la Coupe du monde 2010  » à l’Afrique du Sud et « l’élection présidentielle de la FIFA » en 2011.

Source : lemonde.fr

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