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Un Libyen accueilli en Tunisie sauve en retour deux Tunisiens bloqués à Tripoli

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Venu prêter main-forte aux bénévoles mobilisés au poste-frontière de Ras Jdir, où continuent d’affluer les réfugiés fuyant la Libye, cet ingénieur en informatique raconte dimanche son histoire, des sanglots dans la voix.
« Je vivais à Tripoli. Il y a dix jours, des militaires libyens et des Noirs sont entrés dans la maison de mon voisin et ont ouvert le feu, ils ont tué des gens », explique l’homme aux traits burinés, encore choqué.

 

Il décide immédiatement de quitter le pays avec sa femme et ses quatre enfants. En laissant tout derrière lui. « J’avais peur pour ma vie ».
« J’ai conduit longtemps. On est passés par Zawiyah, il y avait des combats », poursuit-il.
« Quand je suis arrivé en Tunisie, les gens d’ici nous ont offert l’hospitalité. On a été accueillis par une famille tunisienne, qui nous nourrit et nous loge », dit-il, en levant les mains au ciel pour remercier Dieu de cette rencontre.

Quatre jours plus tard, malgré le danger, Mouftah décide de repartir à Tripoli pour ramener quelques affaires.
« Après Zawiyah, il y avait des check-points de militaires et de policiers tous les 500 mètres », décrit-il.
En route, il rencontre un Tunisien qui le supplie d’entrer en contact avec son fils, détenu à Tripoli, et de le ramener au pays.

Sans hésiter, le Libyen accepte. Par gratitude envers un peuple qui l’a sauvé.

Non sans peine, il retrouve l’homme et son oncle qui viennent de sortir de prison et les prend sous son aile. Direction la frontière.

Contactée par l’AFP au téléphone, la soeur du jeune Tunisien aidé par Mouftah a confirmé le récit, sous couvert d’anonymat.

Son frère et son oncle, propriétaires d’un restaurant à Tripoli, ont été arrêtés par l’armée libyenne alors qu’ils se dirigeaient vers la frontière tunisienne, avant d’être « envoyés dans une prison de Tripoli avec 78 autres personnes de différentes nationalités, essentiellement des Egyptiens et des Tunisiens », a-t-elle précisé.

En prison, « on les a forcés à poser pour une photo avec des armes pour dire qu’ils étaient d’Al Qaïda, avant de les libérer en leur disant de quitter le pays », raconte Mouftah. Un fait confirmé par la soeur du Tunisien.

Sur la route du retour, « aux check-points, les militaires voulaient que les Tunisiens sortent de la voiture, ils voulaient les emmener avec eux », raconte Mouftah, qui parvient malgré tout à les protéger en parlementant inlassablement avec les forces de l’ordre.
« J’ai dit aux Tunisiens: je donnerai ma vie s’il le faut, mais je vous ramène », raconte-t-il les larmes aux yeux.

Les trois hommes franchiront la frontière sains et saufs le 28 février.

Sortant de la petite foule attentive qui fait cercle autour de lui, un Tunisien anonyme s’avance, l’embrasse sur la joue, l’étreint pour le remercier et le réconforter.

Aujourd’hui, Mouftah a tiré un trait sur la Libye. Il va demander l’asile politique.
« Ce qui se passe, ça me fait mal pour mon pays. On n’a pas d’armes, on veut seulement qu’il parte », souffle-t-il. « Il », c’est le colonel Mouammar Kadhafi.

AFP_____________________

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