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A l’instar des bactéries face aux antibiotiques, certaines cellules cancéreuses du poumon peuvent muter et devenir résistantes aux traitements. Ceux-ci perdent alors de leur efficacité. Un problème qui pourrait bientôt être résolu selon une étude parue dans Cell Discovery. Les chercheurs de l’Imperial College of London au Royaume-Uni et de l’université Fundan en Chine ont en effet réussi à inverser les résistances des cellules cancéreuses grâce à un médicament communément utilisé.

Mutation génétique et résistance

Les médecins diagnostiquent chaque année deux millions de cancers du poumon dans le monde. Parmi les patients, 10% à 30% sont porteurs d’une mutation génétique sur un récepteur crucial pour la croissance du cancer. Ces malades se voient prescrire de l’erlotinib qui bloque ce récepteur, donc l’avancée du cancer. Mais les cellules cancéreuses ont plus d’un tour dans leur sac et développent souvent une résistance à ce médicament. La seule solution reste alors d’utiliser d’autres thérapeutiques plus chères… qui peuvent à leur tour cesser de fonctionner lorsqu’une nouvelle résistance s’installe. Un cercle vicieux que l’on pourrait bientôt être capable d’enrayer.

Un antioxydant efficace

Dans la moitié des cas, la résistance à l’erlotinib est due à une seconde mutation des cellules cancéreuses. Cette nouvelle mutation abaisse le niveau d’un antioxydant naturel, le glutathion. Or, lorsque les scientifiques ont rehaussé le taux de glutathion, ils ont observé une inversion de la résistance à l’erlotinib : le traitement a fonctionné à nouveau. Restait à trouver un moyen simple d’augmenter cet antioxydant dans le corps. Et la réponse est un médicament utilisé depuis plus de trente ans pour lutter contre l’ hypertension et la rétention d’eau : l’acide éthacrynique. Cela fonctionne chez la souris, il faudra maintenant de le prouver chez l’humain, grâce à des essais cliniques.

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