Un nouveau Premier ministre pour le Liban, une victoire pour le Hezbollah

Un nouveau Premier ministre pour le Liban, une victoire pour le Hezbollah

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« Nous devons attendre la composition du futur cabinet, mais c’est sûr que, vu de l’étranger, le Hezbollah et ses alliés sont au coeur du gouvernement maintenant », affirme Andrew Tabler, analyste auprès du Washington Institute for Near East Policy.
« Il y a eu un grand changement, qui soulève plusieurs questions », dit-il.

 

Le milliardaire Najib Mikati a été chargé mardi de former un nouveau gouvernement, après que la démission des ministres du camp du parti chiite eut provoqué la chute du cabinet de Saad Hariri, en raison d’un bras de fer sur le Tribunal spécial pour le Liban (TSL).

Cette instance basée près de La Haye est chargée de juger les responsables de l’assassinat de l’ex-Premier ministre et père de Saad, Rafic Hariri. Elle est accusée par le Hezbollah d’être instrumentalisée par Israël et les Etats-Unis.

Le puissant parti chiite s’attend à être mis en cause par le tribunal et avait sans succès tenté d’obtenir que Saad Hariri le désavoue.

Pour Shadi Hamid, directeur de recherches au Brookings Doha Center, l’arrivée au pouvoir de M. Mikati grâce au soutien du Hezbollah pourrait déstabiliser les relations entre le Liban et les pays occidentaux.
« Si (la coalition menée par le Hezbollah) devient la force qui gouverne le Liban (…) cela va porter atteinte aux relations entre le Liban et les puissances occidentales, et notamment avec les Etats-Unis », dit M. Hamid.
« Cela soulève des questions concernant l’aide militaire et économique, voire sur le retrait de cette aide », estime-t-il.

La secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, dont le pays considère le Hezbollah comme une organisation terroriste, a déjà averti qu’un gouvernement « contrôlé » par le parti chiite aurait « clairement un impact » sur les liens bilatéraux.

Israël, dont le Hezbollah est la bête noire, a appelé mercredi la communauté internationale à empêcher le mouvement chiite et l’Iran de prendre « en otage le Liban ».
« Je crois que le plus important est d’observer maintenant les calculs d’Israël, dit M. Tabler. « Jusqu’à présent il y a toujours eu +une zone tampon+ entre le Hezbollah et Israël: l’Etat libanais et l’armée ».
« En cas de futur conflit, je ne sais pas si (Israël) fera la différence entre l’Etat libanais et le Hezbollah », indique l’expert.

Les analystes estiment par ailleurs que la communauté internationale observera de très près comment le nouveau Premier ministre abordera la question du tribunal international.
Avec le Hezbollah aujourd’hui en position de force, ils craignent que M. Mikati n’accepte de cesser toute coopération avec le TSL, en retirant les juges libanais et en arrêtant le financement de Beyrouth.
Selon M. Tabler, « la question la plus imminente est le TSL, qui a été créé sous le chapitre 7 (contraignant du Conseil de sécurité de l’ONU), ce qui peut impliquer des sanctions » en cas de suspension de la coopération.

Hormis cet épineux dossier, l’influence du Hezbollah sur le futur gouvernement ne sera peut-être pas très flagrante, estiment les experts.
« La situation n’est pas exactement telle que décrite par les médias occidentaux. C’est plus compliqué », dit M. Hamid
« Le Hezbollah a participé à des gouvernements avant cette crise. Ni lui ni aucune autre partie ne pourront jamais contrôler totalement le gouvernement, en raison du système de partage politique » en vigueur au Liban, fondé sur la parité entre chrétiens et musulmans.

Le Premier ministre libanais désigné Najib Mikati, soutenu par le Hezbollah, doit s’atteler à la délicate tâche de former un nouveau gouvernement, au lendemain de manifestations émaillées de violences contestant sa nomination. Dans les rues de Beyrouth, mercredi 26 janvier, les avis sont partagés quant à l’avenir du pays. Durée: 00:52
AFP

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