Un patrimoine préhistorique riche, mais pas assez mis en valeur

Un patrimoine préhistorique riche, mais pas assez mis en valeur

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-Par: Ilias KHALAFI-

Les études archéologiques et géologiques, entamées dès l’aube du XXème siècle au Maroc, ont permis la découverte de multiples sites préhistoriques majeurs de la préhistoire ancienne et récente. Certains ont dévoilé d’abondants vestiges humains (homo erectus, homo rhodesiensis, homo sapiens archaïques, homo sapiens).

Il faut savoir que l’étude de la préhistoire se base sur l’examen des différents vestiges exhumés (pierre, ossements, céramique, métaux, coquilles, traces de feu et de foyer, gravures, etc) et également sur l’étude des environnements physiques et biologiques (la faune et la flore).

+Découvertes surprenantes sur la préhistoire du Maroc+

Des outils en pierre (bifaces) ont été trouvés sur toute l’étendue du territoire national, appartenant à la grande culture acheuléenne du Paléolithique Inférieur, dont la présence est plus marquée en Afrique de l’Est. Les plus anciens, découverts récemment dans la région de Casablanca par une équipe maroco-française, sont datés de 700 000 voire 1 million d’années.

« La recherche préhistorique au Maroc s’est beaucoup développée ces dernières années. Plusieurs programmes de recherches archéologiques ont vu le jour dans les différentes régions du royaume, permettant la découverte d’une multitude de sites qui démontrent que la présence de l’homme au Maroc remonte à jusqu’à 1.200.000 années », a assuré Abderrahim Mohib, Conservateur principal des monuments et Sites, Chef du service des affaires culturelles à la Direction régionale de la Culture à Kénitra, dans un entretien accordé à la MAP.

« Ces programmes, menés par des chercheurs marocains en partenariat avec des spécialistes étrangers, ont permis de révéler plusieurs niveaux archéologiques attribués à plusieurs époques dans la préhistoire », a-t-il dit.

Les sites archéologiques de Casablanca témoignent des vestiges les plus anciens dans le Maroc, mais d’autres régions du Maroc regorgent de cet héritage précieux, tel que celui de la grotte de Tafoughalt (dans la région de Berkane), mis au jour récemment, renchérit le chercheur.

En effet, une importante découverte de sépultures de 7 bébés de plus de 12 mille ans et de coquillages perforés datés de 100 mille ans font de la région de Tafoughalt la plus ancienne région au monde où l’homme a utilisé des parures.

Dans le cadre d’un programme scientifique de recherches archéologiques, une équipe maroco-britannique regroupant des chercheurs de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP) relevant du Ministère de la culture et des chercheurs britanniques de l’Université d’Oxford (Angleterre), effectue annuellement des recherches archéologiques dans la grotte des Pigeons à Tafoughalt.

+Un patrimoine historique en péril+

« Les résultats des recherches archéologiques sont au rendez-vous », a estimé Mohib, signalant toutefois qu’il faut « les préserver, les réhabiliter et les mettre en valeur en les transmettant au grand public à travers des opérations de communication » (médias, musées, pancartes dans les villes, parcs archéologiques).

De nombreux sites sont actuellement menacés par les travaux publics, les constructions, et tous les aléas du temps, détonna-t-il. Il est devenu, de ce fait, nécessaire d’intervenir pour créer des musées-sites, des parcs et des centres d’interprétation qui sont très utiles pour rendre ces découvertes plus palpables et plus intéressantes pour les citoyens.

« C’est une démarche cruciale pour faire connaitre au grand public que la Maroc a une présence très ancrée dans le temps, insista l’archéologue.

Selon son témoignage, « à Casablanca, plusieurs carrières sont à proximité des décharges publiques. A titre d’exemple, le site paléontologique d’Ahl Al Oughlam qui date de plus de 1.500.000 années, est entouré d’ordures et de déchets qui le mettent en péril. Il faut alors le clôturer comme mesure préliminaire, dans l’attente de trouver une solution plus idoine ».

L’association des lauréats de l’Institut national des sciences d’archéologie et du patrimoine, composée d’archéologues, anthropologues, et de préhistoriens entreprennent en permanence des actions dans le sens d’informer et d’alarmer les parties concernées au sujet des sites vulnérables.
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