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Un projet de décret en cours de finalisation devrait révolutionner la Fonction publique. C’est ce qu’annonce en exclusivité Aujourd’hui Le Maroc, dans son édition du 5 janvier. Le quotidien, qui a eu accès à ce texte réglementaire, rapporte que les recrutements dans l’administration se feront de plus en plus par contrat à durée déterminée (CDD).

Le projet de décret prévoit d’ailleurs deux types de CDD. La première catégorie de CDD sera réservée à des profils pointus. Il s’agira d’un contrat d’une durée de deux ans, renouvelable une seule fois et proposé à des profils à fort potentiel qui devront apporter une valeur ajoutée au fonctionnement de l’administration publique pour des projets bien définis. Ainsi, par exemple, si l’Etat a besoin de réaliser une étude, l’administration, au lieu de faire appel à un cabinet privé et de subir une longue procédure d’appel d’offres, recrutera directement un expert. La deuxième catégorie de CDD ne sera que de quelques mois. Ces contrats seront destinés à remplacer des fonctionnaires titulaires partis pour un congé de longue durée. L’administration compte ainsi trouver une solution pour le remplacement des fonctionnaires absents, mais aussi pour faire face à la saisonnalité dans certains secteurs publics.

Le projet de décret permet en quelque sorte le travail temporaire pour l’Etat. Le système de rémunération sera également radicalement différent de ce qui se fait actuellement. Les fonctionnaires sous CDD auront un traitement différent de la grille salariale sur la base des échelles. Mais, conscient de la susceptibilité que ce nouveau mode de fonctionnariat pourrait provoquer chez les salariés du public, l’Etat a verrouillé la procédure. Pour le recrutement d’experts, chaque département ne pourra faire appel qu’à 13 d’entre eux, après l’accord explicite du chef de gouvernement.

Ce texte législatif, qui devra passer prochainement en Conseil de gouvernement, se veut ainsi révolutionnaire. Il permettra sans doute des économies dans la masse salariale du public qui culmine à plus de 100 milliards de dirhams par an. Mais il permettra surtout d’en finir avec l’idée selon laquelle le travail dans la fonction publique est un emploi à vie.

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