Un soldat américain accusé de tuer des civils Afghans pour s’amuser est...

Un soldat américain accusé de tuer des civils Afghans pour s’amuser est devant la justice

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L’audience préliminaire devait se tenir sur la base militaire de Lewis-McChord, à quelques km de Tacoma, au sud de Seattle, à partir de 9 heures. Elle doit permettre de déterminer si suffisamment d’éléments sont réunis pour la tenue d’un procès en cour martiale.

L’affaire est potentiellement explosive pour l’armée américaine, qui peine à gagner la confiance de la population afghane, en particulier dans la province de Kandahar, bastion des talibans, où les faits se seraient produits pendant plusieurs mois.

Jeremy Morlock, originaire de Wasilla (Alaska, nord-ouest) est le premier d’un groupe de cinq soldats à être présenté devant la justice. Tous sont accusés des meurtres avec préméditation de trois Afghans. Sept autres sont accusés d’obstruction à l’enquête.

Les soldats servaient dans une base avancée de la province de Kandahar et faisaient partie de la 5e brigade de combat Stryker de la 2eme division d’infanterie américaine.
Morlock et plusieurs autres soldats sont également accusés d’avoir passé à tabac un de leurs camarades pour tenter d’étouffer une enquête sur la consommation de haschich au sein de leur groupe.

Selon le dossier d’accusation, Morlock a « menacé de le tuer s’il évoquait la consommation de haschich » devant la hiérarchie et lui a montré « des doigts prélevés sur un cadavre ».

Des responsables avaient indiqué en mai à l’AFP que le soldat qui avait dénoncé les faits à sa hiérarchie avait été sévèrement battu, « presque à mort », selon une source.
Les mobiles et beaucoup de détails entourant les meurtres restent flous, et les autorités militaires sont en butte à des accusations selon lesquelles elles avaient été averties de ces atrocités mais avaient tardé à réagir.

Le père d’Adam Winfield, l’un des accusés de meurtre, a ainsi déclaré aux médias américains que son fils l’avait averti par l’intermédiaire de Facebook du fait que son unité avait tué un civil afghan sans raison et s’apprêtait à recommencer. Le père, Christopher Winfield, affirme avoir averti les autorités militaires ainsi qu’un parlementaire de Floride.

Les autorités accusent un autre soldat, Michael Gagnon, d’avoir conservé le crâne d’un cadavre. Elles en accusent un troisième, Corey Moore, d’avoir poignardé un des cadavres, et plusieurs militaires d’avoir pris des photos des corps.
Les accusations n’ont pas été prouvées mais « sont graves en tout état de cause », a déclaré début septembre Geoff Morrell, le porte-parole du Pentagone.

Même si elles devaient s’avérer infondées, cette affaire « n’aide pas », a reconnu M. Morrell. « Les gens dans la région où ces événements semblent s’être produits vont avoir une autre image de nous à cause de cela », a-t-il déploré, tout en soulignant que l’affaire constituait une « exception » au sein d’une force américaine qui compte près de 100.000 hommes en Afghanistan.

Les unités de combat de la 5e brigade Stryker (du nom de leurs véhicules blindés) ont souffert de lourdes pertes après leur déploiement dans la province de Kandahar à l’été 2009, et des questions ont été soulevées sur la manière dont les commandants de la base Lewis-McChord traitaient le problème des soldats traumatisés par les combats.

En août, l’un des soldats de la brigade, rentré d’Afghanistan, a fait irruption lourdement armé dans un hôtel de Salt Lake City (Utah, ouest), où il est mort lors d’un échange de tirs avec la police.

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