Une entreprise parisienne veut développer en France les cosmétiques halal

Une entreprise parisienne veut développer en France les cosmétiques halal

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Quand elle fait la promotion de ses démaquillants, crèmes de jour, et autres produits de maquillage certifiés halal, Chantal Japhet suscite souvent l’incrédulité. Il y a quelques années, la créatrice de la marque « Jamal Paris » avoue ainsi avoir « bien fait rire » les habitants de Dubaï avec ses produits.

 

Cette année, c’est au salon Halal Expo de Paris, qui s’est achevé mercredi, que cette Française a pu constater combien les cosmétiques halal étaient encore inhabituels pour beaucoup de musulmans.
« Pour nous, ça ne sert à rien », certifie par exemple un responsable d’une association de contrôle de la viande halal présente sur le salon. « Le maquillage, les femmes ne vont pas le manger, elle vont le mettre ! »

Encore dédaigné dans la majeure partie du monde musulman, le marché des cosmétiques halal, c’est-à-dire sans composants bannis par la charia (loi islamique), pèse pourtant plus de 3 milliards d’euros selon l’estimation d’une université malaisienne, essentiellement porté par la Malaisie, l’Indonésie et l’Arabie Saoudite.

C’est d’ailleurs dans la péninsule arabique que Jamal, créé en 2007, concentre l’essentiel de son activité, avec « 14 points de vente » et un label « made in France », essentiel pour ses exportations. « On a bien ramé les premières années, mais on sent qu’il y a vraiment un réveil du marché », assure Mme Japhet.

Son chiffre d’affaires ne s’élève qu’à 500.000 euros cette année, mais elle compte dépasser un million d’euros en 2013 et 3 à 5 millions d’euros en 2014, notamment grâce à son développement sur le marché français, dont elle estime le potentiel à « 750 millions d’euros ».

Faire évoluer les habitudes des musulmanes

Pour se distinguer de ses concurrents en France, comme OnePure ou Samina, Jamal a un atout de poids: le logo de la Mosquée de Paris, imprimé sur tous les flacons, un label obtenu en échange de deux visites annuelles de certification et du reversement de 1% de ses ventes.
« C’est un don pour la Mosquée, qui peut se servir de cet argent pour ses associations caritatives », explique Mme Japhet, qui n’hésite pas à maximiser l’image de l’institution : « Le recteur de la Mosquée de Paris est médecin et on a travaillé sur cette formule ensemble », assure-t-elle.

Responsable du dossier halal à la Mosquée de Paris, Al-Sid Cheikh a déjà vu défiler « une dizaine de sociétés cosmétiques » qui cherchaient son agrément. Mais « elles n’avaient pas un dossier recevable » et « voulaient juste le logo », assure-t-il, ravi de son partenariat avec Jamal.

Outre ce soutien, la marque a mis en place une stratégie afin de faire évoluer les habitudes des musulmanes françaises. Elle compte ainsi « travailler avec les coiffeuses, les maquilleuses et les esthéticiennes de la communauté » et a récemment passé un partenariat avec Gazelle, le magazine des « femmes maghrébines », un bimestriel diffusé à 75.000 exemplaires.

Mme Japhet dit maintenant attendre l’arrivée des grands groupes avec impatience: « Ils vont enfin ouvrir le marché. Mais pour eux, le halal sera un plus, pas un argument, ils feront ça très discrètement », assure-t-elle.

Les intéressés ne ferment pas la porte : « Le marché des cosmétiques halal est un marché que nous regardons, comme d’autres, compte-tenu de notre ambition d’universalisation de la beauté », indique L’Oréal, contacté par l’AFP.

AFP__________

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