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Une manifestation copte tourne à la violence au Caire : plus de 16 morts

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« Un véhicule de l’armée a roulé sur cinq manifestants », a dit à l’AFP le père Daoud, un prêtre copte. « Voici son cerveau », a-t-il ajouté en parlant du manifestant au visage défoncé, en montrant de la matière blanche dans un sac en plastique.

A côté, une jeune femme criait sa douleur devant la dépouille de son frère. « Waël, réveille-toi mon chéri! Parle-moi! », disait-elle en pleurant.

Des blessures par balles étaient visibles sur certaines des dépouilles.

Plus tôt dans la soirée, la télévision publique avait indiqué que trois soldats égyptiens avaient été tués par balle. « Trois martyrs et des dizaines de blessés parmi les soldats de l’armée, après avoir été visés par des tirs de manifestants coptes devant le bâtiment (de la télévision publique à) Maspero », a indiqué la chaîne dans un bandeau.

« Ils ont tiré sur mon collègue. Il était à côté de moi (…). Chrétiens fils de chiens », a dit l’un des membres des forces de l’ordre blessés, filmé par la télévision publique.

Les violences ont commencé peu après l’arrivée devant le siège de la télévision d’Etat de milliers de manifestants coptes, qui avaient organisé une marche depuis le quartier de Chobra pour protester contre les violences confessionnelles.

Les raisons pour lesquelles les affrontements ont commencé n’étaient pas claires. Selon un correspondant de l’AFP, des manifestants ont lancé des pierres sur les polices anti-émeutes et militaire qui gardaient l’immeuble et mis le feu à deux voitures. Selon la télévision publique, un véhicule de l’armée a été brûlé. Les forces de sécurité ont tenté de disperser les manifestants en tirant en l’air.

La télévision publique a montré des images de dizaines de personnes en train de fuir les lieux, après avoir indiqué que les protestataires avaient bloqué la route devant la télévision, située sur une artère bordant le Nil.

De Chobra à Maspero, les manifestants, dont certains brandissaient des croix, avaient scandé « A bas le maréchal » Hussein Tantaoui, qui dirige le pays depuis la démission sous la pression de la rue du président Hosni Moubarak en février. Ils ont brièvement essuyé des jets de pierres sur le chemin, selon un correspondant de l’AFP.

Des centaines de Coptes avaient déjà manifesté mardi pour protester contre l’incendie de l’église, qui se trouvait dans le gouvernorat d’Assouan, et réclamer le limogeage du gouverneur.

Le lieu de culte avait été brûlé après que le gouverneur Mostafa el-Sayyed eut déclaré qu’il avait été construit sans l’approbation des autorités, des déclarations qui auraient provoqué la colère de jeunes musulmans qui ont ensuite incendié l’église.

Les Coptes (ou chrétiens d’Egypte) qui représentent de 6 à 10% des Egyptiens, s’estiment discriminés dans une société en grande majorité musulmane. Ils ont été visés par plusieurs attentats, en particulier celui du Nouvel an contre une église à Alexandrie.

L’Egypte connaît depuis plusieurs mois une montée des tensions confessionnelles, alimentées par des querelles de voisinage et des différends sur la construction d’églises, ou encore par des polémiques sur des femmes coptes qui souhaiteraient se convertir à l’islam mais seraient cloîtrées par l’Eglise copte.

Le nouveau pouvoir égyptien a cherché à apaiser la communauté copte en annonçant la préparation d’une loi qui lèverait les restrictions à l’édification d’églises dans le pays.

Le 7 mai, 15 personnes avaient été tuées et plus de 200 blessées au Caire lorsque des musulmans avaient attaqué deux églises, affirmant qu’une chrétienne convertie à l’islam était détenue dans l’un des lieux de culte.

 

lorientlejour.com_____________________

 

 

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