Une marche à Casablanca contre l’obscurantisme et l’extrémisme

Une marche à Casablanca contre l’obscurantisme et l’extrémisme

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Il fallait s’y attendre. Un collectif d’associations, de divers horizons, a lancé un appel à la mobilisation pour une marche nationale de dénonciation des tentatives d’islamisation de l’Etat et de la société.
manif

Le message est clair, c’est le parti de la justice et du développement qui est ciblé en premier lieu. Les initiateurs de la marche ne s’en cachent pas, d’ailleurs, et le disent ouvertement. Le PJD est à leurs yeux, un parti qui constitue un danger pour le Maroc sur le moyen terme, si rien n’est fait pour le contenir dans ses dimensions réelles.

Et il faut bien dire que ce parti, par la bouche même de son secrétaire général et chef du gouvernement, n’a raté aucune occasion pour créer un climat de tension sans précédent. Il alla même jusqu’à faire chanter l’Etat et lui promettre le désordre si les urnes ne lui accordent pas la première place. Du jamais vu dans la vie politique marocaine. Sans parler des fameux deux Etats, dont l’un est présidé par le Roi et l’autre personne ne sait qui le gouverne, selon la réflexion exprimée à haute voix par Benkirane et qui a irrité au plus haut sommet du Royaume.

Et les observateurs ont relevé que pour constituer ses listes de candidatures, le PJD a puisé exclusivement dans son réservoir du mouvement Attawhid Wal Islah (Unicité et réforme), ce qui augure une nette prépondérance du discours religieux et de l’approche moralisatrice de son action parlementaire. Et au cas où il sera reconduit aux affaires, il n’hésitera pas à appliquer une partie de son programme qui vise à injecter à doses homéopathiques les dogmes de la pensée du mouvement des frères musulmans.

Et cerise sur la gâteau, le PJD a désigné un Salafiste extrémiste, présenté comme modéré, à la tête de sa liste de la circonscription de Guéliz à Marrakech.

Pour toutes ces raisons et d’autres, la société civile, qui a donné l’alerte, il y a bien longtemps sur les dérives constatées au niveau de la pratique des adeptes de ce courant de pensée, notamment l’utilisation des espaces de culte pour distiller la haine envers toutes les expressions de la modernité, a décidé d’organiser cette marche, dont les incidences politiques seront, certainement, perceptibles lors des élections du 7 octobre.

Tous se souviennent de la grande marche de Casablanca de 2004 qui est intervenue après les attentats terroristes. Le PJD a été désigné comme responsable moralement de ces douloureux événements. Certains ont même appelé à dissoudre ce parti, mais la sagesse a prévalu, et Benkirane et ses frères ont été intégrés dans le jeu démocratique, en conduisant même un gouvernement.

Le PJD a-t-il retenu la leçon?

Aujourd’hui, le climat de suspicion et de doute, quant à la transparence des élections, qu’il a créé, bien que ce soit le chef du gouvernement qui en est le responsable politique, ne contribue pas à la sérénité tant requise en ces circonstances.

Source : lesiteinfo.com

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