USA, France et Canada coupent l’oxygène d’urgence dans les toilettes d’avion

USA, France et Canada coupent l’oxygène d’urgence dans les toilettes d’avion

265
0
PARTAGER

Aux Etats-Unis, la désactivation de ces générateurs d’oxygène a été notifiée dans le journal officiel (« Registre fédéral ») le 4 mars et confirmée dans un communiqué de l’administration de l’aviation civile (FAA) paru jeudi.

 

La FAA a invoqué vouloir « éliminer une vulnérabilité potentielle pour la sûreté et la sécurité ». Interrogée par l’AFP vendredi sur la nature de cette « menace potentielle », elle s’est refusée à tout commentaire.
Quelque 6.000 avions sont concernés aux Etats-Unis.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne (EASA) a indiqué vendredi à l’AFP que la France avait également demandé aux compagnies de désactiver ces générateurs d’oxygène. La compagnie Air France a confirmé, tandis que la Direction générale de l’aviation civile s’est refusée à tout commentaire.

La mesure a aussi été adoptée récemment par le Canada, a indiqué à l’AFP un porte-parole du ministère canadien des Transports, Patrick Charette. Elle est entrée en vigueur la semaine dernière, et le ministère « vérifie la conformité des aéronefs à la consigne de navigabilité », a-t-il ajouté.

Le premier transporteur canadien, Air Canada, « se conforme » à cette directive, a dit dans un courriel à l’AFP sa porte-parole Isabelle Arthur, sans donner d’autres précisions.

Le Syndicat national français des pilotes de ligne (SNPL) a indiqué que la mesure était prise pour empêcher un terroriste de démonter, à l’abri des regards, un générateur d’oxygène, qui alimente les masques, dans le but de fabriquer une bombe.

L’Agence européenne de la sécurité aérienne a relativisé ce risque. « Ce n’est pas exactement un risque de bombe, mais le procédé chimique des générateurs d’oxygène entraîne un risque d’augmentation importante des températures et donc effectivement il y a une possibilité d’y mettre le feu », a indiqué à l’AFP son porte-parole, Dominique Fouda.

Ces générateurs ont été impliqués dans deux accidents d’avion aux Etats-Unis. En 1986, un avion vide garé à l’aéroport de Chicago O’Hare avait été détruit par un incendie causé par un de ces générateurs.

Et en 1996, un avion de la compagnie ValuJet s’était écrasé, tuant ses 110 passagers, peu après avoir décollé de l’aéroport de Miami. L’enquête avait déterminé que l’incendie avait été provoqué par des générateurs périmés placés dans la soute sans précautions suffisantes.

Le risque est désormais que les passagers se trouvant dans les toilettes au moment d’une dépressurisation de la cabine ne s’évanouissent.

La FAA a estimé qu’une dépressurisation était un événement « extrêmement rare » et que les équipages étaient entraînés à faire face à ce type de situation. Les pilotes abaissent l’altitude pour augmenter la concentration en oxygène et le personnel de cabine guide les passagers vers les masques, « y compris ceux dans les toilettes », a-t-elle rappelé.

Pour une association américaine de défense des droits des passagers, FlyerRights, ce risque est inacceptable. « En clair, la FAA fait le calcul qu’il n’y aura pas de dépressurisation », a affirmé à l’AFP sa porte-parole Kate Hanni.

Le SNPL prend le risque très au sérieux aussi. « Dès la semaine prochaine, nous donnons comme consigne aux pilotes de ne pas dépasser les 25.000 pieds, à moins que des mesures palliatives soient mises en oeuvre », a affirmé son porte-parole Louis Jobard.

Selon FlyerRights, à cette altitude (7.600 mètres environ), un homme perd connaissance au bout de trois à six minutes.

Tous les avions ne sont pas concernés par la mesure, a précisé Air France. La compagnie a expliqué avoir désactivé le système sur tous ses Airbus A320, mais sur trois A340 seulement, tandis que les A380 sont équipés de générateurs qui ne posent pas de problèmes.

AFP_____________________

Faites vos achats en quelques clics sur www.economat.ma , le 1er supermarché en ligne à Rabat

 

 

www.actu-maroc.com

actumaroc@yahoo.fr

Commentaires