Viktor Orban : mainmise sur l’Etat magyar

Viktor Orban : mainmise sur l’Etat magyar

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Par Heike Schmidt

Le Premier ministre hongrois « nouvel imperator » de l’Europe comme le surnomme la presse internationale? En tout cas, depuis son arrivée au pouvoir en 2010, Viktor Orban s’empare peu à peu des tous les leviers du pouvoir. Une mainmise sur les institutions de l’Etat qui inquiète l’Union européenne et qui sera à l’ordre du jour ce mardi, 24 janvier 2012, lors de la rencontre entre Viktor Orban et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso.

« L’Union européenne n’est pas un paillasson sur lequel on s’essuie les pieds, mais une maison commune que nous construisons ensemble, Monsieur Viktor Orban », a lancé l’eurodéputé Daniel Cohn-Bendit du groupe des Verts lors du débat sur la Hongrie dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg, le 18 janvier.

Trois cent cinquante nouvelles lois en dix-huit mois

Depuis que le chef du gouvernement hongrois tente ouvertement de façonner une Hongrie à sa guise, l’inquiétude et la colère montent au sein de l’Union européenne. En seulement dix-huit mois, Victor Orban s’est imposé comme maître absolue -grâce à quelques 350 nouvelles lois et des nominations en sa faveur. L’économie, la justice, l’armée, la culture : partout, le chef du gouvernement a placé ses fidèles, avec des mandats allant jusqu’à douze ans. Un futur gouvernement d’une autre couleur politique sera donc confronté à un appareil d’Etat hostile, verrouillé par la droite populiste, le Fidesz.

Pour faire taire les voix critiques, Viktor Orban a lancé une véritable chasse aux sorcières. Tous les dirigeants de l’actuel Parti socialiste (aujourd’hui dans l’opposition) risquent d’être poursuivis, car ils sont tenus rétroactivement « responsables des crimes communistes », commis jusqu’en 1989. Près de 300 juges seront envoyés à la retraite, remplacés par des plus « fiables ». Les médias, eux, sont muselés : 600 journalistes et techniciens réputés « indociles » ont été licenciés, la seule radio d’opposition a perdu sa fréquence. Parfois, la manipulation politique est grossière: lorsque 70 000 manifestants ont protesté contre l’« orbanisation » de leur pays, la télévision publique s’est contentée de montrer une avenue déserte.

L’UE hausse la dérive autoritaire

La Commission européenne a haussé le ton contre ce que certains appellent désormais « une démocrature ». Mais pour l’heure, Bruxelles se contente de trois procédures d’infraction pour des lois jugées liberticides : elles portent sur l’indépendance de la Banque centrale, celle de la magistrature et celle de l’autorité de contrôle des données.

Viktor Orban, d’abord récalcitrant, a signalé sa volonté de trouver un compromis, notamment pour garantir l’indépendance de la Banque centrale. En fait, il n’a guère d’autre choix : son pays, dans une situation économique désastreuse, a besoin de toute urgence d’un prêt d’au moins 15 milliards d’euros. Pour l’heure, les négociations sont suspendues, car la Commission européenne et le Fonds monétaire internationale (FMI) ont conditionné leur aide à des concessions de la part de Viktor Orban.

Georges Mink, directeur de recherches au CNRS et directeur d’études au Collège de l’Europe à Varsovie est convaincu que le chef du gouvernement est obligé de se conformer aux règles européennes pour sortir son pays de la crise économique et préserver ainsi sa popularité : « Il jouera un double-jeu qui consiste à rassurer sur le plan nationaliste à l’intérieur, et à rassurer sur le plan européen à l’extérieur ». Mais si l’on en croit le chercheur, cette acrobatie politique comporte le risque de renforcer un nationalisme extrémiste, déjà bien ancré en Hongrie.

 

rfi.fr_______________

 

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