Violences au Sichuan : le plateau tibétain sous black-out

Violences au Sichuan : le plateau tibétain sous black-out

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De notre correspondant à Pékin

Restaurants, salons de thé, monastères, portable d’un chauffeur pour touriste et même le commissariat de Seda étaient aux abonnés absents ce jeudi matin. Ce qui semble confirmer une coupure des communications dans l’ensemble de la préfecture de Ganzi où se sont produites les dernières manifestations. Parmi les rares informations à sortir du plateau tibétain, une voyageuse chinoise répondant au pseudonyme de « gangzi zhonmo » affirme sur son compte weibo (twitter à la chinoise) avoir « vu énormément de véhicules des wujin (police militaire) remonter la rivière Ya vers la zone tibétaine ».

« Gang » de moines

Seul média chinois à avoir parlé des violences pour l’instant, l’agence Chine nouvelle a supprimé ce matin ses dépêches en chinois sur le sujet, après avoir évoqué hier la mort d’un manifestant tué par la police suite à un assaut mardi contre un commissariat de Seda mené par « une centaine d’émeutiers armés de bâtons, de pierres, de couteaux et de cocktails Molotov ». Officiellement, c’est encore en « riposte » à une attaque d’un « gang » comprenant des moines et lundi, que les policiers auraient ouvert le feu lundi dernier au village de Luhuo (160 km de Seda). Bilan : un mort selon le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Cette version n’est évidemment pas celle des ONG tibétaines basées à l’étranger, qualifiées de « séparatistes » par Pékin. Ces dernières affirment que des manifestations « pacifiques » ont éclaté simultanément lundi dernier dans plusieurs localités de Ganzi mais aussi du district voisin d’Aba. La poétesse et bloggeuse Tsering Woeser employant pour sa part sur son blog le terme de « massacre » pour qualifier ce qui s’est passé en début de semaine à Luhuo et Seda.

« Neuf possessions »

Selon plusieurs associations de défense des droits de l’homme, ces mouvements de protestation seraient liés à une répression accrue depuis les émeutes de Lhassa en 2008 et aux campagnes de rééducation qui asphyxient les monastères. Depuis l’entrée dans l’année du dragon lundi dernier, des images circulent sur le web chinois et notamment sur le forum des reporters de Hongkong Chinanews.com montrant des affiches géantes accrochées sur les temples de la région autonome du Tibet voisine de la province du Sichuan.

Ces portraits des dirigeants chinois (Mao Zedong, Deng Xiaoping, Jiang Zemin et Hu Jintao) entrent dans le cadre d’une nouvelle campagne de propagande dite des « neufs possessions » apportées par la Chine au Tibet depuis l’arrivée de l’Armée populaire de libération en 1949 : Un drapeau, des routes, l’eau, l’électricité, la radio, la télé, le cinéma, les bibliothèques et les journaux (Quotidien du Peuple et Quotidien du Tibet). Selon le Lianhe Zaobao (Singapour), un million de ces portraits et de drapeaux de la Chine communiste auraient été envoyés au Tibet pour le nouvel An lunaire.

rfi.fr_______________

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