Vol de Picasso devant le tribunal de Paris

Vol de Picasso devant le tribunal de Paris

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Cette nuit-là, la descendante du peintre et son compagnon avaient été réveillés vers 3 heures par des bruits suspects, mais n’avaient rien remarqué d’anormal. Le lendemain, vers 8 heures, ils avaient découvert la disparition de deux huiles sur toile « Maya à la poupée et au cheval de bois » (1938) et « Portrait de Jacqueline » (1961), des oeuvres réputées invendables sur le marché de l’art en raison de leur notoriété.

La toile représentant Maya avait été dérobée avec son cadre alors que la seconde peinture avait été découpée. Les cambrioleurs avaient également subtilisé un dessin de Picasso intitulé « Marie-Thérèse ». Alors que la porte de l’appartement avait été verrouillée la veille au soir, aucune trace d’effraction n’avait été constatée, laissant supposer que les voleurs avaient utilisé un double.

C’est un renseignement anonyme parvenu à l’OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels) qui a permis de mettre les enquêteurs sur la piste de Jean Salah. Des écoutes téléphoniques avaient ensuite permis d’identifier deux autres suspects: Paul Sabbah et Abdelatif Redjil. Le 13 juillet 2007, les policiers avaient interpellé Salah et Sabbah alors qu’ils s’apprêtaient, selon l’accusation, à revendre les trois oeuvres, stockées dans le véhicule de l’un d’entre eux. Redjil avait été arrêté quelques jours plus tard. Les trois hommes ne sont poursuivis que pour « recel de vol ».

Inaudible et confus, Jean Salah a fourni au tribunal des explications embrouillées, la plupart du temps en contradiction avec les écoutes téléphoniques réalisées par les enquêteurs. Alain Sabbah pour sa part a reconnu une partie des faits qui lui sont reprochés. Abdelatif Redjil a lui assuré être totalement hors du coup. Il a justifié l’attirail du parfait cambrioleur découvert dans le coffre de sa voiture de location par son goût pour « le bricolage ». A l’issue de l’audience, le tribunal devait mettre sa décision en délibéré.

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