WikiLeaks publie les courriels d’une agence américaine de renseignement

WikiLeaks publie les courriels d’une agence américaine de renseignement

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C’est une énorme quantité de contenus secrets que WikiLeaks, le site internet spécialisé dans la publication de documents confidentiels, annonce avoir commencé à diffuser. Ils concernent l’agence américaine Stratfor, qui se définit comme « un fournisseur d’un service par abonnement d’analyses géopolitiques ». Cette société privée a été fondée en 1996 par le très réputé George Friedman, ancien professeur de sciences politiques au Dickinson College et ex-conseiller de l’armée et de l’administration des États-Unis sur les questions de la défense nationale et de la sécurité. Friedman est également connu pour ses nombreux ouvrages d’anticipation géopolitique.

Aux dires de la firme, dont le siège est au Texas, « contrairement aux canaux traditionnels de nouvelles, Stratfor utilise les services de renseignement pour rassembler des informations grâce à un logiciel d’écoutes rigoureux et un réseau global de sources humaines ». La société promet aux abonnés le « gain d’une compréhension complète des affaires internationales, comprenant ce qui se passe, pourquoi cela se passe et ce qui va se passer ».

Que contiennent les courriels dévoilés par WikiLeaks ? Selon le communiqué du site, ces messages électroniques, qui s’étalent de juillet 2004 à décembre 2011, révèleront l’emploi par Stratfor de « réseaux d’informateurs, de structures de versement de pots-de-vin, de techniques de blanchiment d’argent et de méthodes psychologiques ». Le communiqué de WikiLeaks ajoute que « les documents montrent comment travaille une firme privée de renseignements et comment elle cible les individus pour leurs clients privés et gouvernementaux ».

Washington espère mettre la main sur Assange

WikiLeaks affirme ainsi détenir des preuves de l’existence de liens confidentiels entre la société texane et de grandes firmes internationales. Parmi celles-ci, l’indienne Bhopal’s Dow Chemical Co. et l’américaine Lockheed Martin. Stratfor entretiendrait également des relations avec des agences gouvernementales, dont le Département d’Etat, la sécurité intérieure (Homeland Security), le corps des Marines et l’agence de renseignements pour la Défense.

WikiLeaks affirme par ailleurs avoir la preuve que Stratfor a délivré, à titre gracieux, une carte d’abonnement au général pakistanais Hamid Gul, ancien chef des services de renseignements pakistanais qui, selon des câbles diplomatiques américains, préparait une attaque à la bombe artisanale contre des membres des forces internationales en Afghanistan en 2006.

Selon WikiLeaks, la portée de tous ces courriels ne deviendra claire que dans quelques semaines, lorsque ses 25 partenaires des médias et le public auront passé au crible la masse des messages. Dans la liste de ces partenaires figurent notamment le magazine Rolling Stone, le journal indien Hindu, italien La Repubblica et le site internet français owni.fr.

« C’est une violation déplorable, malheureuse et illégale de la confidentialité », a réagi Stratfor dans un communiqué. « Certains des courriels ont pu être falsifiés ou altérés pour inclure des erreurs, certains peuvent être authentiques », ajoute l’entreprise. « Nous ne les authentifierons pas et nous n’expliquerons pas leur contenu ».

Cette nouvelle publication de WikiLeaks survient alors que son fondateur, Julian Assange, se trouve actuellement en Grande-Bretagne où il tente d’éviter une extradition vers la Suède. Assange doit être interrogé à Stockholm pour des soupçons d’enlèvement et de viol. WikiLeaks craint que s’il est extradé vers la Suède, les autorités suédoises ne le transfèrent rapidement aux Etats-Unis. Washington attend impatiemment, en effet, de mettre la main sur le fondateur de WikiLeaks après que la société en ligne a publié des centaines de milliers de documents diplomatiques américains.

rfi.fr_______________

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