Xinfeng, un nouveau «Wukan» au nord-est de la Chine

Xinfeng, un nouveau «Wukan» au nord-est de la Chine

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C’est l’histoire d’un scrutin maudit et peut être l’un des meilleurs symboles des dysfonctionnements du « Haixuan », le système de désignation au suffrage direct tous les trois ans, des représentants locaux dans les campagnes chinoises. Xinfeng est en effet le premier village où a été initié, dès 1986, ce mode d’élections. Seize ans plus tard, les habitants se sont mis à demander d’avantage de transparence autour du scrutin. Résultat : depuis juin 2010, les bureaux de vote sont fermés. La population ne décolère pas.

Il est devenu impossible, en effet, d’élire les délégués sans qu’un incident ne survienne. La première fois, trois votes ont été considérés comme invalides par la commission électorale. Les élections ont été annulées et les choses se sont encore aggravées. Les candidats semblent désormais directement visés par de mystérieux incendies qui se déclarent en pleine nuit proche des habitations, par des champs empoisonnés aux pesticides, par des serres à légumes lacérées au couteau. Ces incidents n’arrivent pas par hasard. Ils sont destinés à entraver le vote, affirment aujourd’hui les villageois cités par le Xinjingbao. La population est retournée en ce début de semaine porter une pétition au bureau régional. Pour la trentième fois, mais toujours sans résultat.

Un cas loin d’être unique. Les quatre mois de manifestations l’an passé et surtout l’organisation d’un scrutin électoral depuis le début du mois, a donné des idées à d’autres. Nous avons compté au moins trois autres « Wukan » depuis le début de l’année, rien que dans le sud-est du pays : Haimen, Wanggang et Panhe… ce dernier village de la province du Zhejiang ressemblant d’ailleurs à s’y méprendre à son cousin du Guangdong.

Comme à Wukan, en effet, les habitants accusent les autorités locales d’être corrompues. Comme à Wukan, les habitants ont manifesté pour revendiquer la restitution de leurs terres. La seule différence étant que pour l’instant la population semble avoir perdue la bataille. Le journaliste Tom Lasseter décrivait ainsi ce week-end une atmosphère pesante dans les rues du village, avec une forte présence policière et des habitants terrifiés à l’idée de témoigner : « Les fonctionnaires ont emmené tous les jeunes qui communiquaient sur internet (ndlr : ce qui avait permis justement aux manifestants de Wukan de se faire connaître dans le monde entier), lui a malgré tout confié un agriculteur de Panhe, qui comme beaucoup, a demandé à ne pas être cité par crainte d’être arrêté ».

« Virée » de l’école primaire

Wukan qui doit élire samedi 3 mars prochain les représentants du comité de district ainsi que le chef du village, reste donc une exception. Et même dans ce cas, il pourrait y a avoir des surprises. « Ils font pression pour que je ne participe pas aux élections, nous a confié ce mardi Xue Jianwan ». La fille de l’un des meneurs de la lutte décédé en garde à vue le 11 décembre dernier, enseigne les mathématiques et le chinois à l’école primaire du village. Elle a reçu ce matin un coup de fil du directeur de l’école lui affirmant qu’en tant que fonctionnaire et en vertu des règlements elle ne pouvait pas être candidate. « Dans ce cas je préfère démissionner », leur aurait répondu la jeune femme qui ira demain mercredi faire sa déclaration de candidature devant les habitants. 7 membres du comité de district doivent être élus samedi prochain. « C’est très important, dit elle, le comité permet de surveiller ce que fait le chef de village ».

rfi.fr_______________

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