Yémen : le président de plus en plus isolé

Yémen : le président de plus en plus isolé

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«Nous résistons (…) la grande majorité du peuple yéménite est avec la sécurité, la stabilité et la légalité constitutionnelle. Et ceux qui appellent au chaos, à la violence, à la haine et au sabotage ne sont qu’une infime minorité», a déclaré le président devant une délégation de notables de Sanaa, la capitale de ce pays pauvre de 24 millions d’habitants.

Pendant ce temps, ne foule de protestataires bravaient toujours dans le centre de la capitale yéménite une interdiction de manifester pour exiger le départ du président de l’unique république de la péninsule arabique, alors que des chars ont été placés dans des endroits stratégiques près du palais présidentiel.

Dans la matinée, le principal chef tribal, cheikh Sadek al-Ahmar, a demandé au président «d’éviter l’effusion de sang et d’opter pour une sortie honorable», joignant sa voix à celles de dignitaires traditionnels et religieux, dont le rôle est déterminant dans ce pays pauvre de 24 millions d’habitants.

Démissions en cascade

A Aden, dans le sud du pays, un autre général, Nasser Ali Chouaïbi, a lui aussi apporté son soutien à la contestation, en même temps que 60 officiers de la province de l’Hadramout et de 50 officiers du ministère de l’Intérieur. Le gouverneur d’Aden, deuxième ville du pays, Ahmad Qaatabi, a présenté sa démission, «pour protester contre ce qui se produit dans le pays». Les ambassadeurs à Ryad et Koweït ont également annoncé ce lundi qu’ils se joignaient à la contestation. Lundi en milieu d’après-midi, cinq ambassadeurs du Yémen en Europe ont demandé la démission de Saleh, a annoncé le représentant de la diplomatie yéménite à Paris.

Leurs défections s’ajoutent à celles de responsables du régime qui se sont multipliées ces jours-ci, contraignant le président Saleh à limoger dimanche soir le gouvernement, après la démission de trois ministres. Selon l’agence officielle Saba, le président a demandé à son cabinet «d’expédier les affaires courantes jusqu’à la mise en place d’un nouveau gouvernement».

La condamnation de l’ONU

La contestation, qui a débuté le 27 janvier, a pris de l’ampleur après la mort de 52 personnes tuées lors d’une attaque vendredi contre des manifestants à Sanaa. Cette tuerie attribuée à des partisans du régime a marqué la journée la plus sanglante depuis le début fin janvier de la contestation.

Ce massacre a été condamné lundi par le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, en visite au Caire : «Le gouvernement yéménite a l’obligation de protéger les civils.» «Il n’y a pas d’alternative à un dialogue global portant sur des réformes politiques, sociales et économiques, pour traiter la crise politique», a-t-il poursuivi.

Dans le nord du pays, des rebelles chiites ont pris le contrôle d’une installation militaire dimanche lors de combats contre des combattants pro-gouvernementaux qui ont fait au moins vingt morts. Les rebelles appartiennent à la branche zaïdite du chiisme, et combattent le pouvoir central de Sanaa depuis 2004. Cette rébellion a fait des milliers de morts et plus de 250 000 déplacés, et elle inquiète l’Arabie saoudite qui est intervenue en août 2009 pour soutenir l’armée de Sanaa.

 

AFP_____________________________

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